La Société Générale vante l'équilibre géographique de ses activités

le 16/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'exposition de la banque au risque russe masque le poids et les ambitions du groupe dans d'autres régions du monde, comme l'Afrique, à l'horizon 2016

Crise ukrainienne oblige, l’exposition de la Société Générale à la Russie a concentré l’attention des analystes lors de la présentation du plan 2016 de la banque le 13 mai. A juste titre, car l’objectif d’une rentabilité du groupe supérieure à 10% à cet horizon passe par le redressement de SG Russie. Mais le risque russe donne une vision tronquée des revenus et des relais de croissance de la banque.

Tous métiers confondus, le poids de la Russie (7%) dans le produit net bancaire 2013 du groupe est en effet à peine supérieur à celui de l’Asie Pacifique (6%), de l’Europe centrale et orientale (6%), et de l’Afrique (5%), les autres marchés «émergents» du groupe. Sur le continent africain, la banque se montre tout aussi ambitieuse qu’à Moscou. Elle y attend une croissance annuelle de ses revenus de 7%, comme en Russie, pour un ROE de 15%. Malgré son retrait d'Egypte, la Société Générale revendique une place dans le trio de tête des banques internationales en Afrique, avec 915 agences et 3,2 millions de clients dans 15 pays. Elle regarde avec intérêt le Nigéria, et a signé en mars un partenariat avec China Development Bank sur le continent.

«Le printemps arabe hier, la crise ukrainienne aujourd’hui, montrent que le risque politique existe et peut se déclencher dans différentes zones du monde, explique  à L'Agefi Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale. Pour une grande banque internationale, l’important est de diversifier le risque. C’est ce que nous faisons en équilibrant nos activités géographiquement avec 25% de nos revenus en pays émergents et 75% en pays matures et en accroissant l’autofinancement de nos filiales. Nous avons ainsi diminué de 3 milliards à 1,2 milliard d’euros le financement intragroupe de SG Russie.»

Le dirigeant estime aussi qu’en Europe de l’Ouest, ses marchés français et tchèque, quoique matures, restent les plus intéressants pour une banque de détail. «La République tchèque est un des meilleurs marchés bancaires: le pays est compétitif, a une forte culture industrielle, est économiquement très connecté à l’Allemagne, et a des finances publiques saines et un système bancaire moderne», souligne Frédéric Oudéa.

La banque doit encore convaincre le marché de ce bon équilibre. Son cours a perdu 5,2% depuis le 13 mai. «Ce plan est dans l’ensemble raisonnable mais repose sur une amélioration à l’international qui pour beaucoup ne dépend pas de la banque», résument les analystes de CM-CIC.

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