UBI Banca est rattrapé par la justice italienne

le 15/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le cinquième établissement du pays a été perquisitionné par la brigade financière. Mais ses comptes trimestriels confirment son redressement

Alors qu’elle confirme les signes d’amélioration apparus l’année dernière, UBI Banca est inquiétée par la justice. La cinquième banque italienne a confirmé l’existence de perquisitions effectuées hier par la Guardia di Finanza (brigade financière), dans le cadre d’enquêtes pour fraude et entrave aux autorités de régulation. Selon plusieurs sources citées par la presse, les bureaux du directeur général Victor Massiah, d’autres responsables et de plusieurs membres du conseil de surveillance auraient fait l’objet des perquisitions.

Une enquête avait notamment été déclenchée en 2012 suite au dépôt de deux plaintes par l’association de défense des consommateurs Adusbef: celle-ci soupçonnait plusieurs dirigeants d’UBI Banca et des filiales de crédit-bail et d’affacturage (UBI Leasing, dont certains membres ont déjà écopé d’une amende en 2013, et UBI Factor) d’avoir acquis des marchandises de luxe à des prix préférentiels. En juillet 2013, certains membres du conseil de surveillance d’UBI Banca ont porté plainte car ils soupçonnaient le groupe d’avoir omis de signaler au régulateur l’existence d’accords entre actionnaires.

L’enquête pourrait dès lors avoir un impact au-delà d’UBI Banca, étant donné les liens qui unissent les grands patrons italiens, caractéristique du capitalisme transalpin. Une source citée par Reuters indique que l’enquête viserait également Giovanni Bazoli, le président du conseil de surveillance de la banque Intesa Sanpaolo. Il serait inquiété en sa qualité de président d’un comité de pilotage de l’ABLP, une association d’actionnaires d’UBI Banca. Le nom de Giampiero Pesenti, le président d’Italcementi, est également cité.

Dans un communiqué diffusé hier, UBI Banca reconnait que les perquisitions concernent des éléments déjà connus, notamment le rapport établi par les membres du conseil de surveillance. «Le groupe fait tous les efforts possibles pour apporter sa coopération maximum avec la Guardia di Finanza. [Il] avait à l’époque apporté des réponses et des éclaircissements aux autorités de supervision sur les éléments contenus dans les rapports; aucun nouvel événement n’est apparu et il n’y a aucune information supplémentaire à fournir», ajoute la banque.

Ces perquisitions ont eu lieu le jour de la publication des comptes du premier trimestre. Ceux-ci sont de bonne facture: le bénéfice net d’UBI Banca a plus que doublé sur un an, atteignant 58,1 millions d’euros –soit 5 millions au-delà du consensus.

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