La Société Générale avance avec prudence

le 14/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Réservée comme ses pairs sur la banque de détail en France, elle est plus pessimiste pour la BFI

Croissance des encours SG

A défaut de baptiser son plan stratégique 2014-2016, la Société Générale entend «garder le rythme de la transformation» engagée ces dernières années. Une précaution de circonstance: son précédent plan, «Ambition 2015», avait été compromis par la crise de la zone euro et l’application accélérée des normes prudentielles Bâle 3. Dernière banque cotée française à présenter sa nouvelle feuille de route, la banque de La Défense a dévoilé hier des prévisions de revenus prudentes, comme ses compatriotes.

La Société Générale vise un produit net bancaire (PNB) en hausse de 3% par an, d’ici à 2016. Soit un peu plus que le Crédit Agricole (+2% pour le groupe, dont +2,5% pour le véhicule coté CASA), mais moins que le rythme annuel visé par BNP Paribas  pour la même période (+3,5%) et par le groupe mutualiste BPCE, d’ici à 2017 cette fois (+4%).

Dans ses réseaux français, la Société Générale table sur des revenus quasi-stables, en hausse de 1% par an comme dans les caisses régionales du Crédit Agricole, contre +0,5% attendu chez BNP Paribas. La banque rouge et noire estime en effet à 1,4% la croissance annuelle du PIB national jusqu’en 2016, contre +1,8% dans la zone euro. «Je suis plus optimiste au-delà de 2016 pour les réseaux de banques de détail», a précisé hier son PDG Frédéric Oudéa. Il prévoit de fermer 30 à 40 agences (1%) chaque année, tandis que la banque en ligne Boursorama devra passer de 500.000 à 1,5 million de clients en 2020.

Dans la banque de gros (BFI, métier titres, banque privée et gestion d’actifs) «nous sommes plus réalistes» que certains concurrents, juge Frédéric Oudéa. Le groupe prédit 3% de croissance annuelle pour cette division élargie, en ligne avec la prévision du Crédit Agricole pour sa seule BFI, mais loin des 5 et 6% visés par celles de BNP Paribas et Natixis. Le groupe acte la baisse des activités de marché, frappées par la crise économique et les contraintes réglementaires. Ces métiers en «transition», qui représentent encore la moitié des revenus du pôle, devraient croître de 1% par an seulement.

A l'inverse, les services aux investisseurs (+12% par an) profiteront de l’acquisition complète de Newedge et de l'intégration renforcée des différents métiers : exécution d’ordres, compensation des dérivés, administration de fonds. L'activité de financements et conseil devra croître de 8% en moyenne; la banque privée et la gestion d’actifs (Lyxor) de 4%. Dans les autres pôles, l’assurance, l’Afrique et l’Europe de l’Est constitueront les relais de croissance (+5 à 10% par an), comme la Russie toujours stratégique malgré le manque de rentabilité de la filiale locale Rosbank et la crise ukrainienne.

La Société Générale est également ambitieuse en termes de profits, avec un résultat net par action (hors rachat de titres hybrides) attendu à 6 euros en 2016 (x2,5) grâce à la poursuite des réductions de coûts et la maîtrise des charges (+1% par an). En revanche, elle vise comme BNP Paribas, un rendement des fonds propres prudent de 10% (minimum), contre 8,3% en 2013 hors éléments exceptionnels. Son ratio de fonds propres durs Bâle 3 devrait rester stable, à 10% minimum, comme la répartition du capital entre les métiers, mais le groupe cible un ratio de levier de 4% (contre 3,5% fin 2013), un niveau qui tend à devenir la norme.

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