La Société Générale court toujours après le mirage russe

le 09/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque a déprécié la totalité de ses écarts d'acquisition en Russie, soit 525 millions d'euros, et revoit les perspectives de RoE de ses activités

La Russie fait encore souffrir la Société Générale, qui présentera son plan stratégique le 13 mai. Peinant à devenir le relais de croissance international tant espéré et après un nettoyage dans la direction de l’entité Rosbank à la suite de soupçons de corruption, ses activités russes (qui regroupent Rosbank, Delta Credit, Rusfinance et les filiales locales de SG Insurance et d’ALD Automotive) font encore parler d’elles: au premier trimestre 2014, le groupe a déprécié l’intégralité de l’écart d’acquisition de SG Russie, soit 525 millions d’euros.

«Cette décision reflète la baisse du rouble, de 10% depuis le début de l’année, les incertitudes pesant sur la situation [vis-à-vis de l’Ukraine] et le ralentissement économique», a indiqué Frédéric Oudéa, le PDG du groupe.

Si cette dépréciation n’affecte pas le capital réglementaire (qui ne prend pas en compte les survaleurs), la banque affiche un recul important de son bénéfice net. Le résultat comptable recule ainsi de 13% par rapport au premier trimestre 2013, à 315 millions d’euros. Retraité des éléments purement comptables (réévaluation de sa propre dette et la norme IFRS 13), le bénéfice net recule de 48% à 416 millions.

Les dirigeants ont tenu à minimiser la probabilité de conséquences plus structurelles à l’échelle du groupe. Au 31 décembre 2013, la Russie représentait 3% de ses expositions au risque de défaut (EAD, exposure at default), soit 19,5 milliards d’euros. «En terme de liquidité, la maison-mère a réduit ses apports aux activités russes de 3 milliards en 2011 à 1,2 milliard d’euros aujourd’hui. L’investissement en capital représente, lui, environ 3 milliards d’euros», précise Frédéric Oudéa, qui a par ailleurs rappelé que la banque n’avait pas d’exposition sensible à l’économie ukrainienne. En outre, l’encours de dépôts dans le pays a progressé de 13% sur un an (à 8,6 milliards d’euros), soit deux fois plus vite que l’encours de crédit (à 12,5 milliards).

Toutefois, l’objectif de rendement des fonds propres (RoE) supérieur à 15% dans le pays, annoncé en juin 2013, a été abaissé à 10% et repoussé d’un an, à 2016. «Notre sujet est vraiment celui du ralentissement de l’économie russe», a poursuivi le PDG. SG Russie est à peine bénéficiaire au premier trimestre (7 millions d’euros, -80%), en raison d’un doublement du coût du risque. Un plan d’amélioration de son coefficient d’exploitation sera annoncé le 13 mai.

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