Les sociétés de financement spécialisé confirment leurs difficultés

le 12/03/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si la persistance de la crise pèse sur la demande de crédits, l'activité souffrira plus durablement de son encadrement réglementaire

Le secteur du financement spécialisé n’incite pas à l’optimisme, tant le nombre d’activités qui connaissent une croissance de leur production est limité.

Ainsi, le montant de nouveaux crédits à la consommation a beau avoir progressé de 1,1% en janvier 2014, la production sur 12 mois a reculé de 22,5% (à 34,8 milliards d’euros) par rapport au pic atteint en septembre 2008, selon l’Association française des sociétés financières (ASF).

Dans l’univers professionnel, le crédit-bail immobilier a enregistré en 2013 son plus fort recul depuis 17 ans (-15,5%); à 4,3 milliards, la production atteint son plus bas niveau depuis 2000. Seuls segments en croissance, l’affacturage progresse de 7,5% à 200,5 milliards d’euros et les cautions de 8,4% (à 386 milliards d’engagements hors bilan).

Si la crise économique, qui pèse sur la consommation et l’investissement, explique en partie cette tendance, les évolutions législative (loi Lagarde, loi Hamon) et réglementaire sont une menace plus structurelle vis-à-vis des établissements spécialisés, dont certains sont des filiales de groupes bancaires.

«Il existe un risque très fort d’arbitrage des maisons mères à l’égard des filiales de financement ne collectant que peu, voire pas de dépôts, en raison du coût de leur charge en fonds propres», explique Françoise Palle-Guillabert, déléguée générale de l’ASF. Tout en assurant que l’existence du secteur n’est pas menacée, le président Philippe Dumont – également directeur général de Crédit Agricole Consumer Finance – précise que «l’environnement réglementaire conduira les sociétés à s’adapter, à cesser certaines activités, à exprimer des attentes de rentabilité plus forte, dans des contraintes de refinancement à court terme et long terme».

Signe de mauvais temps, le secteur a perdu environ 2.000 emplois depuis 2008, alors que les chiffres définitifs de l’emploi en 2013 sont en cours de consolidation. «Le recul de l’emploi en 2012 s’est poursuivi en 2013. Et ça n’est pas fini», avertit Françoise Palle-Guillabert.

La mise en conformité du statut français d’établissement de crédit avec la réglementation européenne, instauré à l’été 2013, est l’autre grand chantier de l’ASF. Ses 305 membres ont jusqu’au mois d’octobre pour choisir (ou non) d’adopter le statut de «société de financement» au terme d’une procédure allégée auprès du régulateur français. Avant le dernier collège de l’ACPR du mois de mars, une trentaine de sociétés avait été agréée.

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