Le sort des banques autrichiennes plonge les investisseurs dans l’incertitude

le 18/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les doute exprimés à la tête du gouvernement relancent les spéculations quant au sort des créanciers des banques en difficulté

Annoncé le 10 février, le refus des banques commerciales autrichiennes de soutenir la création d’une structure de défaisance chargée de récupérer les actifs douteux de Hypo Alpe Adria, l’ancien établissement du Land de Carinthie nationalisé en 2009, a eu des répercutions rapides: cinq jours plus tard, l’agence Moody’s dégradait deux des notes de crédit de la banque et n’excluait pas de nouvelles actions.

«Cette décision est principalement motivée par l’incertitude grandissante autour des intentions du propriétaire actuel de la banque, le gouvernement autrichien», indique Moody’s, soulignant que la protection des créanciers obligataires n’était pas assurée.

Les contradictions au sein de l’exécutif autrichien hier ont justifié la position de l’agence de notation. Evoquant le spectre de la faillite du Creditanstalt en 1931, le chancelier Werner Faymann a déclaré hier devant le parlement qu’un dépôt de bilan aurait des répercussions sur les autres banques du pays et sur la dette de l’Etat. La banque centrale autrichienne vient d’ailleurs de reconnaître détenir pour un milliard d’euros de dette de Hypo Alpe bénéficiant de la garantie de la Carinthie.

Mais le ministre des Finances Michael Spindelegger a répété qu’il n’écartait pas de déclarer Hypo Alpe insolvable, ceci pour forcer les créanciers obligataires et Bayerische Landesbank, qui avait acquis la banque en 2007 auprès de la Carinthie (jusqu’à sa nationalisation), à contribuer à sa résolution ordonnée.

Le Land lui-même est appelé à participer, puisque c’est l’octroi effréné de ses garanties (jusqu’à 25 milliards d’euros) pour les titres émis jusqu'en 2007 qui a provoqué la croissance vertigineuse et l’effondrement de Hypo Alpe. Le ministre a ajouté que l’Etat n’avait pas l’obligation de se substituer à la région pour honorer ces garanties. Dans la foulée, les obligations de l’établissement ont atteint un plancher depuis 5 ans sur les marchés.

Les atermoiements relatifs à l’avenir de Hypo Alpe ne font pas frémir que ses créanciers. Trois autres banques sont dans une situation similaire: Kommunalkredit Austria, KA Finanz (toutes deux détenues à 100% par l’Etat et sous mécanisme de résolution) et Övag (contrôlée à 43%, soumise à des restrictions d’activités). Toutes «ont un profil de crédit intrinsèque très faible», rappellent les analystes crédit d’Aurel ETC Pollak.

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