Le secteur financier déclare son lobbying à l'Assemblée nationale

le 18/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon le registre de la chambre basse, BNP Paribas est la banque qui consacre le plus de moyens pour défendre ses intérêts au Parlement

Les lobbies se dévoilent peu à peu à l’Assemblée. Depuis le 1er janvier, les «représentants d’intérêts», comme on les qualifie officiellement, sont tenus de se déclarer auprès des parlementaires. Le bureau de l’Assemblée nationale a voté en juin 2013 cette réforme, assortie d’un code de conduite, qui ne fait qu’introduire en France une pratique déjà courante à la Commission européenne.

En contrepartie de leur inscription sur un registre, les représentants de groupes d’intérêts peuvent circuler plus librement à l’Assemblée et participer en amont aux réflexions parlementaires.

Première surprise, le registre est encore loin d’être bien rempli pour le secteur financier. La Fédération bancaire française, par exemple, n’y figurait pas encore à la date du 17 février. «C’est imminent, le processus est en cours», indique-t-on à la FBF. Du côté des banques, les mutualistes Crédit Agricole et Crédit Mutuel ont été les plus prompts à se déclarer, suivis plus récemment par BNP Paribas. La banque de la rue d’Antin est d’ailleurs celle des trois qui consent l’effort financier le plus élevé, avec un coût de représentation à l’Assemblée évalué entre 100.000 et 150.000 euros par an, et quatre dirigeants bénéficiaires de la carte de représentant, dont Jean-Jacques Santini, le directeur des affaires institutionnelles.

Le secteur de l’assurance, lui, brille par son absence. La seule entité déclarée est l’association d’épargnants Afer. Une présence logique lorsqu’on connaît la propension du gouvernement et de certains parlementaires, comme le député PS Christian Eckert, à rogner les avantages fiscaux de l’assurance vie. En revanche, aucune des nombreuses associations professionnelles du secteur – FFSA, Gema, Mutualité française, etc. – ne figure à l’appel. Interrogé hier par L’Agefi, le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance, recensé sur l’ancien registre qui existait avant la réforme, semblait découvrir son absence.

Au-delà du secteur financier, un certain nombre de fédérations professionnelles et de grandes entreprises se sont déjà fait connaître. Notamment celle dont l’activité est en lien étroit avec les collectivités territoriales. C’est le cas de La Poste, de Keolis, de la Saur, de Suez Environnement et de Transdev. Avec Airbus, MBDA ou Safran, le secteur de la défense est bien représenté. Plus surprenant, eBay.fr est aussi inscrit au registre, contrairement à de nombreux groupes du CAC 40.

Les lobbies sont tenus de se déclarer à l’Assemblée nationale.
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Les lobbies sont tenus de se déclarer à l’Assemblée nationale.

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