ICBC s’appuie sur Standard Bank pour accélérer son expansion internationale

le 31/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque chinoise acquiert la banque d'investissement et de marché de son partenaire sud-africain à Londres, alors que la City mise sur le yuan

ICBC avance ses pions à l’étranger. Après avoir en 2008 acquis 20% de Standard Bank, le premier prêteur sud-africain, puis 80% de sa filiale argentine en 2012, l’établissement chinois a pris le contrôle de sa banque de marché et d’investissement à Londres, Standard Bank Plc (SB Plc).

Le groupe acquiert dans un premier temps 60% de la filiale pour 560 millions d’euros. Un prix qui valorise l’ensemble de SB Plc à 940 millions, pour une valeur d’actif net de 1,04 milliard d’euros au 30 juin 2013. Le géant chinois dispose d’une option pour acquérir 20% supplémentaires, exerçable entre 2016 et 2021. Après un nouveau délai de 6 mois, Standard Bank disposera de 5 ans pour céder les 20% restants à son partenaire. Une procédure qui en dit long sur la prudence d’ICBC lorsqu’il s’aventure à l’étranger. Les deux protagonistes auraient négocié près d’un an avant de tomber d’accord.

On ne peut pas dire que les performances intrinsèques de SB Plc aient motivé le repreneur: «La filiale a peiné à générer suffisamment de revenus pour couvrir sa base de coût, explique David Munro, responsable mondial de la banque de financement et d’investissement de Standard Bank. Elle avait également besoin d’étendre sa portée géographique». En outre, SB Plc a été condamnée le 23 janvier dernier par la Financial Conduct Authority, le superviseur britannique du secteur financier, à une amende de 7,6 millions de livres (9,2 millions d’euros). Elle a manqué aux règles anti-blanchiment et aux procédures d’information relatives aux clients politiquement exposés, notamment en accordant des prêts à des sociétés originaires de pays jugés à risque.

L’intérêt principal de SB Plc réside dans sa présence à Londres, l’une des plaques tournantes du trading des matières premières, nerf de la croissance chinoise. Maîtriser cette activité, ainsi que les techniques de couverture, est donc tout aussi crucial pour ICBC. Une activité directe à la City est devenue d’autant plus indispensable pour satisfaire l’ambition d’ICBC qu’en novembre dernier, la Banque d’Angleterre s’est déclarée prête à aider à la création d’une chambre de compensation pour les échanges en yuan. La City ambitionne en effet de devenir le principal centre offshore pour la devise chinoise.

ICBC s’est fixé l’objectif de réaliser 10% de ses bénéfices hors de Chine d’ici à 2016. Standard Bank, pour sa part, poursuit son recentrage en l’Afrique entamé en 2011.

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