Les banques chinoises défilent en Bourse de Hong Kong pour renforcer leur bilan

le 10/12/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sous la pression de Pékin, China Everbright Bank cherche après deux échecs en 2011 et 2012 à lever jusqu’à 2 milliards d’euros

La Bourse de Hong Kong. Photo: Jérôme Favre/Bloomberg

China Everbright Bank devrait cette fois concrétiser son introduction en Bourse de Hong Kong. A deux reprises déjà, en 2011 et 2012, la banque chinoise a échoué au pied du mur, du fait de conditions de marché jugées trop adverses. Le contexte a évolué, particulièrement du fait de la pression réglementaire incitant les établissements financiers à trouver les moyens de renforcer leur bilan.

Les banques chinoises sont encouragées à agir face au ralentissement économique sur leur marché domestique et son corollaire, la montée des créances douteuses, à l’heure où Pékin se veut exemplaire dans la capacité du secteur à affronter sur le long terme les vents contraires.

China Everbright Bank, déjà cotée à Shanghai depuis 2010, se tourne désormais vers Hong Kong et son vivier plus international d’investisseurs, pour une IPO réalisée sous la conduite de China Everbright Securities, CICC (China International Capital Corp), Morgan Stanley et UBS. La banque a indiqué hier souhaiter récolter jusqu’à 2,0 milliards d’euros, par la mise en vente de 5,06 milliards de titres au prix unitaire de 3,83 à 4,27 dollars locaux. Le prix définitif de l’offre est attendu vendredi, pour des premières négociations le 20 décembre. La banque entend rassurer les investisseurs en mettant en avant la présence à ses côtés de dix-neuf investisseurs stratégiques, qui consacrent près de 1,3 milliard d’euros à l’opération, parmi lesquels l’assureur américain Prudential Financial.

Le contexte boursier pourtant n’est pas à l’euphorie. Deux banques de Chine continentale, Huishang Bank et Bank of Chongqing, ont certes déjà franchi le pas d’une cotation à Hong Kong le mois dernier, engrangeant un montant cumulé de 1,4 milliard d’euros.

L’IPO de China Everbright Bank serait ainsi la plus importante à Hong Kong depuis celle du raffineur Sinopec en février, pour l’équivalent de 2,3 milliards d’euros, alors que d’autres banques chinoises comme Bank of Shanghai ou China Guangfa Bank patientent déjà en salle d’attente. Les prêteurs chinois évoluent pourtant à Hong Kong à des valorisations proches des plus bas historiques.

Mais le régulateur bancaire chinois bat le rappel, exigeant un ratio tier 1 de 8,9% à fin 2014 et de 10,5% à fin 2018. China Everbright Bank ne respecte pas encore la consigne avec un ratio de 8,3% à fin septembre dernier.

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