Les soupçons de fraude autour des grandes banques prennent de l’ampleur

le 04/11/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Fannie Mae réclame à neuf banques 800 millions de dollars dans l’affaire du Libor. Les pratiques globales de JPMorgan sont les plus contestées

La fin de semaine n’a laissé aucun répit aux grandes banques internationales, de plus en plus attaquées sur leur gestion des taux interbancaires et leur activité de trading de devises. Sur le premier front, c’est Fannie Mae, géant américain du financement hypothécaire, qui a emboîté le pas à son homologue Freddie Mac, en déposant une plainte auprès du tribunal de district de Manhattan contre neuf banques, réclamant pour environ 800 millions de dollars (590 millions d’euros) de dédommagements. «Fannie Mae intente cette action pour recouvrer des pertes subies en conséquence de la manipulation du Libor par les défendeurs», a déclaré un porte-parole de l'agence.

La plainte couvre 71 pages dans lesquelles Fannie Mae détaille ses accusations de collusion et de manipulation du Libor, qui sert de référence à la fixation de taux d'intérêt pour de nombreux produits financiers. L'organisme dit avoir été floué dans le calcul de swaps, de taux d'emprunt immobiliers et d'autres transactions. Les établissements cités sont Bank of America, Barclays, Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank, JPMorgan Chase, Rabobank, RBS et UBS.

L’activisme des autorités a également franchi un pas supplémentaire concernant d’éventuelles pratiques frauduleuses sur le marché des devises, où se traitent 5.300 milliards de dollars par jour. JPMorgan et Citigroup ont annoncé vendredi être interrogées par plusieurs autorités réglementaires à ce propos. Elles ont par ailleurs, tout comme Barclays, suspendu plusieurs dirigeants dans leur activité de trading à Londres.

Les pratiques de JPMorgan semblent les plus contestées, la banque américaine ayant dévoilé faire l’objet de huit enquêtes différentes de la part du département américain de la Justice. «Certaines de ces investigations sont criminelles et pas seulement civiles, cela en dit long sur la prise de risque très large permise sous l’ère de Jamie Dimon», estime Mark Williams, spécialiste de la gestion du risque à l’Université de Boston.

La pertinence du modèle de banque universelle de Credit Suisse et d’UBS a par ailleurs été remise en cause hier par Eveline Widmer-Schlumpf, ministre des Finances de la Confédération helvétique. Dans un entretien au journal Schweiz am Sonntag, elle se demande si un ratio de levier compris à l'avenir entre 6 et 10% serait compatible avec un maintien de leur présence dans la banque d’investissement, en jugeant préférable un recentrage sur la gestion d'actifs. 

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