La Banque d'Italie appelle le système bancaire à provisionner davantage

le 31/10/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le gouverneur Ignazio Visco estime toutefois que les banques italiennes n'ont pas de besoins massifs de recapitalisation

Pour la plupart des analystes, l’examen de la qualité des actifs bancaires (AQR) lancé par la BCE mi-octobre vise en particulier les prêteurs italiens. La Banque d’Italie, elle, considère les banques du pays suffisamment solides. «Les opinions selon lesquelles le système bancaire italien aurait aujourd’hui de forts besoins de recapitalisation ne sont pas fondées» a déclaré hier Ignazio Visco, le gouverneur de la banque centrale. Celui-ci invoque les récentes conclusions du FMI, pour qui la génération de profit des banques italiennes suffit à couvrir les besoins de provisionnement.

Ignazio Visco a cependant exhorté les prêteurs à passer leurs comptes à la paille de fer. D’autant que le projet de budget 2014 prévoit un traitement plus favorable de la déductibilité fiscale des provisions pour créances douteuses. «La nouvelle norme devra pousser les banques à adopter les pratiques les plus prudentes de provisionnement des prêts douteux, ce qui rendra leurs bilans plus transparents», a indiqué le banquier central.

Ce dernier relève cependant qu’avec 17 milliards d’euros de résultat brut d’exploitation cumulé pour le secteur au premier semestre, et des provisions élevées, la situation n’est pas tenable à long terme. «Il est urgent d’affronter les problèmes structurels du système bancaire, y compris ceux relatifs à la gouvernance», relève Ignazio Visco.

Celui-ci prône tout d’abord des efforts de réduction de coûts, notamment en tirant parti des nouvelles technologies, alors que le coefficient d’exploitation en Italie dépasse de 5 points la moyenne européenne. Deuxième piste évoquée: une vigilance accrue du régulateur sur les risques de conflit d’intérêts lorsque les banques sont aussi présentes au capital des entreprises qu’elles financent. Troisième sujet de réforme: la gouvernance des grandes banques populaires, qui devraient adopter «des formes juridiques adaptées à l’examen du marché», et celles des fondations bancaires, pas assez professionnelles, comme l’a montré l’effondrement de Monte dei Paschi.

Au passage, Ignazio Visco a précisé que la Banque d’Italie réfléchissait à un élargissement de la gamme des actifs qu’elle prend en pension. Elle devrait accepter des portefeuilles de crédit – la BCE lui a donné son aval – et certaines catégories de prêts particulièrement utilisées en Italie.

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