Les plus-values des assureurs vie fondent

le 21/10/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La remontée des taux longs a amputé de 20% en trois mois les plus-values latentes des compagnies françaises

Pour les assureurs français, le danger ne vient plus d’Espagne, de Grèce ou d’Italie, mais de France.

Pour les assureurs français, le danger ne vient plus d’Espagne, de Grèce ou d’Italie, mais de France. La dernière enquête de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) sur les placements des douze plus grands assureurs vie à fin juin montre déjà l’effet de la hausse des taux longs. Celle-ci a amputé de 20% au deuxième trimestre les plus-values latentes des portefeuilles, ramenées à 68 milliards d’euros contre 85 milliards fin mars, tous placements confondus, pour un total d’encours de 1.238 milliards d’euros.

La poche obligataire, qui représente 79% de l’encours, est logiquement responsable de cette baisse. Les plus-values latentes sur les dettes souveraines des pays de l’Union européenne, en particulier, sont passées de 38 milliards en mars à 29 milliards en juin. A 205 milliards d’euros, le stock d'emprunts d’Etat français représente 62% de cette poche souveraine européenne (et environ un sixième de l’ensemble des placements des assureurs vie) et surtout 72% de ses plus-values latentes. En comparaison, la dette des pays périphériques de la zone euro (GIIPS) ne pèse que 57 milliards, dont 30 milliards sur l’Italie, et porte une moins-value latente d’un milliard. La part des GIIPS dans le portefeuille total des assureurs est passée de 6,5% à 4,6% en 18 mois.

«Le risque sur les plus-values latentes des titres souverains porte donc moins aujourd’hui sur les expositions aux pays périphériques que sur la sensibilité des titres obligataires souverains français face à une remontée des taux», indique l’ACPR. Celle-ci souligne qu’un assureur est déjà repassé en moins-value sur l’ensemble de ses placements à fin juin. Les 12 groupes passés au crible sont les compagnies vie d’Allianz, des Assurances Banque Populaire et des Assurance du Crédit Mutuel, d’Aviva, d’Axa France, de Cardif, de Generali et de Groupama Gan, ainsi que CNP Assurances, La Mondiale Partenaires, Predica et Sogecap.

L’ACPR relève toutefois que les assureurs ont profité de l’environnement de taux favorable de fin 2012 et début 2013 pour prendre une partie de leurs bénéfices - qui reviennent, en définitive, pour la quasi-totalité aux assurés. Le niveau des plus-values latentes reste par ailleurs à un niveau historiquement élevé depuis 2008. Enfin, alors que le troisième trimestre s’annonçait douloureux avec une poursuite de la tension des taux longs entre juillet et mi-septembre, le statu quo de la Fed a permis d’effacer sur la deuxième quinzaine de septembre l’intégralité de la hausse.

Les plus-values des assureurs vie fondent.
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Les plus-values des assureurs vie fondent.
Pour les assureurs français, le danger ne vient plus d’Espagne, de Grèce ou d’Italie, mais de France.
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Pour les assureurs français, le danger ne vient plus d’Espagne, de Grèce ou d’Italie, mais de France.

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