La Banque Postale se dote d'un spécialiste des réseaux et du mutualisme

le 15/10/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Au terme d'un processus bordé, La Poste et ses actionnaires ont choisi Rémy Weber, PDG du CIC Lyonnaise de Banque, pour diriger sa filiale

Le successeur de Philippe Wahl au poste de président du directoire de La Banque Postale devait présenter un profil bancaire solide. A défaut d’être une personnalité de premier plan de la finance française, Rémy Weber, l’actuel dirigeant du CIC Lyonnaise de Banque, peut assurément faire valoir son parcours de banquier retail.

Né en 1957 et diplômé de HEC et de l’IEP d’Aix-en-Provence, Rémy Weber a fait ses débuts à la BFCE en 1983, avant un passage au Trésor entre 1985 et 1987. Ayant rejoint l’entité du CIC pour le Sud-Est de la France en 1993 en tant que directeur régional, il en prend la direction générale en 1999, puis la présidence trois ans plus tard. Selon la presse lyonnaise, le départ de Rémy Weber du CIC Lyonnaise de Banque aurait créé la surprise, certains lui prédisant un avenir au sein du Crédit Mutuel.

Le choix d’un spécialiste de la banque de détail familier du monde mutualiste pourrait rassurer les partenaires sociaux au sein de La Banque Postale et de sa maison mère. En août dernier, certains d’entre eux s’étaient inquiétés du profil de banquier d’investissement de Philippe Wahl, passé par Paribas, puis RBS entre 2007 et 2010, lorsque celui-ci a succédé à Jean-Paul Bailly à la tête de La Poste.

Reste à savoir dans quelle mesure Rémy Weber arrivera à prendre ses marques face à Philippe Wahl. Car en dehors de son passé chez RBS, l’actuel patron de La Poste a dirigé l’organe central des Caisses d’Epargne entre 1999 et 2004. Or l'un des gros chantiers du nouveau dirigeant sera la renégociation du pacte d'actionnaires et de distribution qui lie CNP à BPCE et à la Banque Postale. Outre ce dossier épineux, la mission de Rémy Weber sera difficile: il devra notamment porter la part de la filiale bancaire dans le résultat d’exploitation de La Poste de 46% aujourd’hui à 63% en 2018.

Officiellement mis en place en septembre 2013, le processus de sélection s’est voulu «exemplaire». Il a réuni le comité de nomination et des rémunérations du conseil de surveillance de La Banque Postale et les représentants des actionnaires de sa maison-mère – à savoir l’Agence des participations de l’Etat (APE), actionnaire à 75% du groupe La Poste, et la Caisse des dépôts (CDC), qui contrôle le solde du capital. Les recherches de candidats avaient été confiées au cabinet de recrutement Russell Reynolds. Le conseil de surveillance de La Poste devrait entériner ce choix aujourd’hui.

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