Deutsche Bank devrait reconduire sa direction bicéphale

le 12/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le conseil de surveillance se prononcera fin octobre sur l'extension jusqu'en 2017 du mandat de Jürgen Fitschen, au côté de Anshu Jain

Coupant court aux rumeurs, le conseil de surveillance de Deutsche Bank se prépare à prolonger de deux ans le contrat de Jürgen Fitschen, son co-président du directoire. Son mandat, qui s’achevait en mai 2015, sera ainsi aligné sur celui de son collègue Anshu Jain et la direction bicéphale resterait donc inchangée jusqu’au 31 mars 2017.

Le premier établissement de crédit allemand a indiqué hier dans un communiqué qu’un comité de son conseil de surveillance proposerait la modification du contrat de travail du responsable lors de la prochaine réunion du conseil, le 29 octobre prochain. En effet, «Jürgen Fitschen et Anshu Jain ont conjointement demandé ce renouvellement. Ils souhaitent poursuivre en commun leur travail remarquable pour Deutsche Bank dans les années à venir. Nous en sommes ravis. C’est le bon signal pour notre groupe, ainsi que pour le secteur», explique notamment le communiqué.

Vu son ton éminemment favorable, l’issue du vote ne laisse guère planer de doute. Cette nouvelle tue dans l’œuf toute spéculation quant à une hypothétique mésentente entre les deux dirigeants. Jürgen Fitschen n’a, semble-t-il, pas non plus été fragilisé en interne par l’enquête pour évasion fiscale ayant visé 25 salariés du groupe en décembre 2012 et dans laquelle il avait été inquiété.

La décision devrait rassurer les investisseurs, qui craignaient les conséquences d’un flottement à la tête de Deutsche Bank – l’établissement en avait déjà connu les affres à la fin du mandat de son précédent patron, l’emblématique mais contesté Josef Ackermann. Son action a poursuivi sur sa lancée positive entamée la semaine dernière à la Bourse de Francfort, puisqu’elle a terminé la séance de mercredi en hausse de 1,2% (à 35,1 euros).

Pour l’instant, les deux hommes représentent chacun un héritage de Deutsche Bank. Anshu Jain, ancien de la banque d’investissement, fait écho aux ambitions de l’établissement sur les marchés, qui rivalise avec les mastodontes américains. Jürgen Fitschen, embauché en 1987, apporte la caution historique et germanique du groupe, dont il maîtrise tous les arcanes.

Deutsche Bank reste toutefois marquée par les scandales, comme celui de la manipulation du Libor. Ses dirigeants n’ont cessé d’accroître les provisions pour litiges de l’établissement, pour les porter à 3 milliards d’euros au 30 juin.

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