Hypo Alpe Adria continue de peser sur les finances publiques autrichiennes

le 04/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Bruxelles a avalisé le plan de dissolution de la banque autrichienne qui pourrait encore coûter 5 milliards supplémentaires au contribuable

Un chapitre fleuve se clôt, mais l’histoire continue. La Commission européenne a annoncé hier avoir autorisé le plan de résolution ordonnée de la banque Hypo Alpe Adria, près de cinq ans après son sauvetage par les pouvoirs publics autrichiens. En parallèle, Vienne a toutefois prévenu que la facture allait continuer à s’alourdir.

Un temps au cœur du système de corruption mis en place par l’ancien leader d’extrême droite Jörg Haider, la banque de Carinthie a déjà reçu 4,5 milliards d'euros d’aides, dont 2,85 milliards sous forme de capital ou garanties de capital, indique Bruxelles. A ce montant pourraient s’ajouter 5 milliards d’euros de fonds propres supplémentaires et 3,2 milliards de garanties de liquidité d'ici à 2017, selon une présentation du ministère des Finances autrichien citée par Bloomberg.

Au total, Hypo Alpe Adria pourrait donc coûter 9,5 milliards d’euros au contribuable autrichien. La Commission européenne a accepté la possibilité d’un nouveau soutien public, mais ne confirme pas les chiffres avancés.

Dans l'immédiat, Hypo Alpe Adria doit recevoir prochainement 700 millions supplémentaires pour éponger ses pertes du premier semestre, causées par la dégradation de l’économie italienne et un nouveau scandale financier. Le pilotage de l’établissement s’annonce donc ardu pour son nouveau directeur général, aux manettes depuis lundi. Son prédécesseur avait démissionné début juillet, juste après la condamnation de deux autres anciens dirigeants.

D’ici à la fin de l’année, le démantèlement d’Hypo Alpe Adria devrait toutefois avancer, avec la vente, pour 65,5 millions d’euros, de sa partie autrichienne à Anadi Financial Holdings, une entreprise détenue par un homme d'affaires britannique. La banque va également cesser ses activités en Italie mais elle obtenu un délai supplémentaire de deux ans pour la cession de ses entités d’ex-Yougoslavie.

Si Hypo Alpe Adria est le scandale financier le plus coûteux pour l'Autriche, le pays n'a pas été épargné par ses autres banques. Au 1er octobre 2012, le secteur financier national avait déjà reçu 94 milliards d'aides en quatre ans, indique un document de travail de la Commission européenne. A côté des garanties de refinancement, 15,6 milliards de fonds propres avaient été injectés jusqu'à cette date, soit l'équivalent de 5,2% du PIB autrichien en 2011.

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