Le sauvetage de Banca Marche met les banques italiennes sous pression

le 03/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La dégradation de la qualité des portefeuilles de prêts, entraînée par la récession italienne, pourrait renchérir le prix de la dette bancaire

Après le sauvetage de Monte dei Paschi (MPS), celui de Banca Marche risque d'entraîner de nouvelles tensions sur le secteur bancaire italien. L'établissement a été placé sous tutelle par la Banque d’Italie, plombé par de lourdes dépréciations à l’origine d’une perte nette de 232 millions d’euros au premier semestre et par son incapacité à lever des fonds sur les marchés. Le nouveau malade, 16e acteur du marché en terme de total de bilan selon Bloomberg, n’est pas systémique comme pouvait l'être MPS, mais son cas est symptomatique des difficultés des banques italiennes, engluées dans la récession de leur économie domestique.

«La dette senior non sécurisée des banques italiennes pourrait être mise sous pression», estiment les analystes de la Société Générale, qui rappellent que l’ensemble des établissements «ont fait l’objet d’inspections sévères de la banque d’Italie sur leurs portefeuilles de prêts depuis l’automne dernier […] en prévision de la revue de la qualité des actifs (qui précède les stress tests, ndlr) et de leur éventuelle supervision par la Banque centrale européenne». Banca Marche est la première victime de l’audit renforcé qui a touché huit établissements.

La Société Générale voit dans la situation actuelle «une opportunité d’achat», alors que Morgan Stanley est passée vendredi à la vente sur les obligations subordonnées d’UniCredit et d’Intesa Sanpaolo, qui est d’ailleurs actionnaire de Banca Marche à hauteur de 5,8%, aux côtés de trois fondations. La banque américaine recommande d’acheter plutôt des titres de groupes britanniques ou du néerlandais ABN Amro.

Pour le moment, Banca Marche affiche le pire profil. Le ratio de prêts douteux de cette banque régionale atteint désormais 24%, près de six fois plus qu’à fin juin 2012. Son ratio de fonds propres durs est quant à lui tombé à 4,29%. Selon la Société Générale, la proportion de crédits à risque atteint 21,3% chez MPS, mais aussi 13,9% chez Intesa Sanpaolo et 14,4% chez UniCredit, les deux leaders du marché. Leur solvabilité reste néanmoins supérieure à 11% grâce aux fonds publics reçus, dans le cas de MPS, ou grâce à un appel au marché. C’était en 2011 pour Intesa Sanpaolo, en 2012 pour UniCredit.

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