Les assureurs néerlandais jonglent avec leur ratio de solvabilité

le 03/09/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La dégradation de la note de la France pèse sur les assureurs bataves qui amélioraient la valeur de leur passif grâce au niveau des taux d'Etat AAA

En perdant son dernier AAA mi-juillet, la France a pénalisé le ratio de solvabilité des assureurs néerlandais. Ces derniers ont donc demandé, en vain, un aménagement de son mode de calcul, refusé jeudi dernier par la Banque des Pays-Bas (DNB).

Le régulateur néerlandais autorise en effet les compagnies d’assurance à réévaluer leur passif en fonction du niveau de la courbe des taux des pays AAA, établie par la Banque centrale européenne (BCE). Depuis l’exclusion de la deuxième économie de la zone euro des pays les plus solides, les taux bas allemands sont surreprésentés dans l’indice. Une épine pour les assureurs bataves qui réévaluaient leur passif en fonction de ce taux de référence. Or la DNB estime qu’il n’y a «actuellement pas de raisons suffisantes pour approuver une courbe des taux alternative», puisque que les entités néerlandaises peuvent d’ores et déjà remplacer la courbe AAA de la BCE par la courbe des swaps de la DNB.

«Les assureurs n’aiment pas trop la courbe des swaps car elle est assez volatile et moins avantageuse pour les passifs longs, explique Benoît Pétrarque, analyste chez Kepler Capital Markets. Le régulateur ne veut pas faire de geste car il a déjà instauré des subtilités locales dans le calcul du ratio de solvabilité, tel que l’UFR (ultimate forward curve.

Aegon en a pris acte en annonçant hier qu’il recourrait désormais à la courbe des swaps. Le ratio de solvabilité de son entité néerlandaise au 30 juin passe ainsi de 270% à 245%, soit une baisse limitée à 25 points de base (pb), au lieu de 50 pb avec la courbe BCE. «Aegon parvient aussi à ce niveau en prenant en compte l’UFR, qu’il n’intégrait pas jusqu’à présent dans son ratio de solvabilité, pointe Benoît Pétrarque. Hors UFR, sa solvabilité serait en fait passée de 235% à 185% avec la courbe BCE, ou de 235% à 200% avec la courbe des swaps.»

Chez ING, le ratio de solvabilité à fin juin diminue seulement de 20 pb à 304%, mais sur un périmètre englobant toute l’Europe et l’Asie. Son compatriote Delta Lloyd estime le sien à 171% fin juillet (-15 pb). En janvier prochain, les assureurs néerlandais se démarqueront encore en étant les seuls à basculer du régime Solvabilité 1 à une version «1.5». «On ne sait pas quels scénarios de marché seront retenus mais le résultat pourrait limiter le potentiel de transfert des dividendes des entités vie vers leur maison mère», estime Benoît Pétrarque.

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