Le régulateur américain du refinancement hypothécaire vise JPMorgan

le 29/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La FHFA réclame au moins 6 milliards de dollars pour la vente d’obligations hypothécaires «pourries» à Fannie Mae et Freddie Mac

Farouche détracteur de la loi Dodd-Frank, Jamie Dimon pourra une nouvelle fois vilipender l’attitude des régulateurs à l’égard de son établissement. Le PDG de JPMorgan doit affronter un nouvel assaut réglementaire lancé par la Federal Housing Finance Agency (FHFA). Le régulateur des agences de refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac, réclame à la banque au moins 6 milliards de dollars pour avoir écoulé des obligations hypothécaires qu’elle savait défaillantes, rapporte Bloomberg. Cette demande s’inscrit dans le cadre d’une action engagée il y a deux ans à l’encontre de 18 établissements, dont trois ont transigé.

Cette accusation, que JPMorgan conteste fermement, alourdit encore le fardeau juridique. Selon le New York Times, deux autres régulateurs fédéraux prévoient également de passer à l’action. L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) et le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB), qui agissent séparément, cherchent à imposer au moins 80 millions de dollars de pénalités au total. Leurs griefs portent sur la commercialisation trompeuse de produits liés à des cartes bancaires et sur le recours à des manœuvres déloyales pour recouvrer les dettes de porteurs de cartes. Pour ce dernier motif, la procureur générale de Californie, Kamala Harris, a lancé en mai dernier des poursuites similaires. 

L’autre dossier qui pèse sur les épaules de Jamie Dimon est celui dit de la «baleine de Londres». Ces pertes de trading sur dérivés lui valent l’attention du département de la Justice, de la SEC, de la CFTC, de l’OCC et de la FCA britannique. D’après le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier, l’amende pourrait atteindre 500 à 600 millions de dollars. Fait assez rare pour être souligné, la SEC chercherait une reconnaissance de culpabilité de JPMorgan dans cette affaire. 

Si cela ne suffisait pas, JPMorgan fait également l’objet d’une autre enquête de la SEC portant sur ses pratiques de recrutement en Chine. L’agence soupçonne l’établissement d’avoir engagé des proches de hauts responsables chinois afin de veiller à ce que ses intérêts soient préservés dans le pays. Toutes ces affaires font courir un risque à la fois financier et de réputation. JPMorgan a prévenu récemment que la facture juridique pourrait dépasser de 6,8 milliards de dollars les provisions déjà constituées.

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