L'impact du futur PEA-PME reste incertain pour les banques

le 29/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Plus que des flux nouveaux, la réforme du PEA pourrait entraîner une réallocation des avoirs des comptes-titres, désormais davantage taxés

Si la gestion d’actifs applaudit, les banques sont plus prudentes après la présentation de la réforme du plan d’épargne en actions (PEA). En 2014, son plafond devrait être relevé de 132.000 euros à 150.000 euros par épargnant, et un PEA-PME, plafonné à 75.000 euros, serait créé. «Cette réforme va plutôt dans le bon sens car l’épargne des Français est insuffisamment orientée vers les placements longs, mais elle devra s’opérer avec un souci de simplicité pour les réseaux distributeurs et les consommateurs. Le PEA restera un produit destiné à des investisseurs avertis, estime Pierre Bocquet, directeur de la banque de détail à la Fédération bancaire française (FBF). On aurait pu s’attendre à un cadre fiscal plus intéressant pour le PEA-PME, qui est plus risqué car destiné à investir dans des sociétés peu connues du public et pas toujours cotées.»

Bercy vise en fait les détenteurs des 60.000 PEA déjà au plafond. Soit 10% des encours de ce placement en partie défiscalisé, passés de 120 milliards d’euros en 2007 à 80 milliards fin 2012. «Le PEA ne représente qu’une infime partie des 1.038 milliards d’euros de valeurs mobilières détenues en direct par les ménages français, à fin 2012», rappelle Cyril Blesson, associé de Pair Conseil. Le PEA nouvelle version et le PEA-PME pourraient collecter entre 1 et 2 milliards d’euros la première année, selon CM-CIC Securities, puis jusqu’à 5 milliards, un chiffre aussi mis en avant par les conseillers en investissements (CIF et CGP). Pourtant, «il est difficile de faire des estimations sur les futurs encours avant de connaître les aspects techniques du PEA-PME et dans le contexte actuel d’aversion des Français pour le risque», juge Pierre Bocquet.

Pire, «il n’est pas certain que la réforme du PEA draine de nouveaux flux vers les actions, indique Cyril Blesson. Elle permettra sans doute plutôt de sécuriser une partie des avoirs déposés sur les comptes-titres dont la fiscalité a été durcie à l’automne dernier. En réaction, certains épargnants pourraient transférer les OPCVM de leur compte-titres vers l’assurance vie en unités de comptes.» Plus facilement déblocable, celle-ci risque de concurrencer le PEA avec la nouvelle poche «eurocroissance» promise par le gouvernement… qui pourrait aussi fiscaliser davantage les gros contrats vie. L’aménagement du PEA pourrait donc être un geste envers les épargnants et le secteur financier, davantage qu’un coup de pouce au financement de l’économie.

A lire aussi