Un consortium chinois jette l'éponge sur le rachat d'activités à AIG

le 22/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les sociétés chinoises engagées dans le rachat des activités de location de l'assureur n'auraient pas réussi à rassembler les 4,8 milliards de dollars

Les sociétés chinoises ont-elles vraiment les moyens de leurs ambitions d’expansion en dehors de leurs frontières? Le jet d’éponge de deux des trois sociétés chinoises composant le consortium qui s’était engagé à racheter les activités de location d’avions d’AIG, semble indiquer que non. Face à l’ampleur de l’opération, d’un montant total de 4,8 milliards de dollars, les groupes chinois auraient en effet toutes les peines du monde à rassembler les fonds nécessaires pour finaliser l’opération et auraient ainsi été contraints d’abandonner leurs velléités, selon plusieurs sources concordantes.

«Des inquiétudes montent sur la capacité de New China Trust à assurer le financement de l’opération, renforcées par le fait qu’il a déjà manqué plusieurs dates limites décisives», assure une source citée par le Financial Times. La société d’investissement chinoise, pourtant détenue à hauteur de 19,5% par Barclays, ainsi que China Aviation Industrial Fund, auraient ainsi été contraints de reconnaître leur échec en mai dernier. Seule reste en lice P3 Investments, le véhicule d’investissement détenu par l’homme d’affaires hongkongais Wing-Fai Ng, qui serait actuellement à la recherche de partenaires bancaires en dehors de Chine pour assurer le financement de l’opération, selon le Wall Street Journal.

Le directeur général d’AIG, Robert Benmosche, avait lui-même reconnu le mois dernier n’avoir pas «reçu l’argent à temps. Nous nous concentrons à ce stade des opérations sur une introduction en Bourse». Si l’opération échoue, AIG, poussé à céder des actifs suite à son sauvetage historique par le Trésor américain en 2008, aura certainement la possibilité de conserver les 10% (soit 500 millions de dollars) laissés en dépôts par New China Trust, mais devra faire face à une IPO de sa filiale, International Lease Finance Corp (ILGC).

L’an dernier, RBS avait rejeté une offre faite par China Development Bank pour le rachat des activités de location d’avions sur fond d’inquiétude sur la capacité de la banque chinoise à assurer le financement de l’opération. La banque s’était tournée vers Sumitomo Mitsui Financial Group qui lui a racheté ces activités pour 7,3 milliards de dollars, une offre pourtant inférieure de 240 millions à celle de CDB. L’accord de rachat du fabricant américain d’hélicoptères Hawker Beechcraft par Superior Aviation Beijing pour 1,8 milliard de dollars a également été rompu l’année dernière.

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