L'activiste Eric Knight agite à nouveau le spectre de la scission d'UBS

le 21/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Il estime que l'amélioration de la situation d'UBS n'efface pas les risques que fait peser la banque d'investissement sur la banque privée

Photo: Gianluca Colla/Bloomberg

Eric Knight remet le couvert. Le fondateur de la société de gestion Knight Vinke Asset Management a une nouvelle fois plaidé en faveur d’une forme de séparation entre la banque d’investissement et la banque privée d’UBS, dont il détient depuis peu moins de 3% du capital. Dans un entretien au quotidien suisse Tages Anzeiger hier, l’activiste des marchés défend l’idée que la banque helvétique devrait se concentrer sur la gestion de fortune, en cédant l’autre branche, ou, à défaut, en la réduisant à la portion congrue. «UBS devrait se positionner clairement en tant que gestionnaire de fortune», son métier historique, explique-t-il.

Ne se départissant pas d’une part de bluff, Eric Knight affirme s’être «entretenu avec les actionnaires» sur le sujet et prétend «qu’il règne un large consensus en faveur de telles mesures». Les actionnaires reprocheraient la faiblesse du conseil d’administration, présidé par Axel Weber, face à un exécutif mené par Sergio Ermotti tout-puissant sur les sujets de structure et de stratégie.

Une telle défiance n’est toutefois pas prouvée: le titre a atteint son record de l’année à 19,43 francs le 14 août dernier –avant la prise de bénéfice sur les valeurs bancaires européennes– et a progressé de plus de 29% depuis le début de l’année. Et pour cause: la banque a battu les anticipations des analystes au deuxième trimestre, en dépit d’éléments exceptionnels négatifs; elle a également annoncé qu’elle allait solder sa dette envers la Banque nationale suisse avec un an d’avance sur le calendrier prévu par les analystes et racheter le SNB StabFund, fonds mis en place à l’époque de son sauvetage pour cantonner ses 38,7 milliards de francs d’actifs toxiques. Son ratio de fonds propres durs sous Bâle 3 atteint en outre 11,2%, soit le taux le plus élevé parmi ses concurrents internationaux, au prix d’une cure d’amaigrissement de sa banque d’investissement et grâce à la création d’une bad bank.

Mais c’est insuffisant, pour le gérant américain: «Certains actifs ont été transférés d'un secteur à un autre, mais le risque demeure. Personne ne s'intéresse au nouveau visage de la bonne banque. Ce qui compte, ce sont les résultats et, dans l'ensemble, ils ne sont guère attractifs.» Il s’oppose pareillement au rachat du SNB StabFund. Le 22 juillet dernier, à l’occasion de la publication des comptes d’UBS, Eric Knight avait déjà manifesté le désir d’une scission de la banque.

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