La BRI souhaite un encadrement plus strict des assureurs hypothécaires

le 21/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Elle formule une série de recommandations afin de réduire le risque de crise systémique qu'une faillite de l'un de ces assureurs pourrait entraîner

Photo: PHB

Une solide supervision prudentielle des assureurs hypothécaires est essentielle pour protéger de la faillite des acteurs clé pour le financement du marché du logement et très sensibles aux défauts des emprunteurs, s’inquiète la Banque des règlements internationaux (BRI). Dans un rapport publié hier, l’organisation financière internationale souligne que les assureurs sont plus exposés que les prêteurs car ils portent la totalité des pertes en cas de défaut d’un emprunteur et de saisie de son logement, surtout lorsque les prêts représentent une partie élevée de la valeur du bien.

«Les événements de ces dernières années, en particulier la crise financière qui a débuté en 2007, indiquent que les assurances hypothécaires sont sujettes à d’importants stress» en cas de crises majeures, souligne la BRI. Dans les cas extrêmes, un assureur hypothécaire peut être acculé à la faillite au moment où le prêteur lui-même peut se trouver en difficulté et avoir besoin de l’intervention de l’assureur, ce qui constitue un risque de crise systémique. Ainsi, aux Etats Unis, le secteur des assureurs hypothécaires a été sévèrement touché lors de la crise de 2007-2008. Deux des cinq majors du secteur (PMI and Republic) ont été placés sous l'autorité de tutelle et les trois autres ont été rétrogradés par les agences.

La BRI a passé au crible les interactions entre les assureurs hypothécaires, grâce auxquels les prêteurs peuvent assouplir la stricte application de leurs ratio prêt sur valeur du bien, les émetteurs de crédits hypothécaires et les souscripteurs. Parmi ses recommandations, la BRI insiste notamment sur la nécessaire observation de critères de souscription stricts de la part des assureurs comme des prêteurs et sur le rôle de surveillance des autorités pour combattre tout relâchement dans l’application de ces critères par les émetteurs de crédits. Elle prône aussi la constitution de capitaux tampons de long terme et de réserves par les assureurs sur tout le cycle de souscription pour couvrir les créances. Elle note enfin les risques que font courir les divergences de calculs entre les provisions techniques des assureurs et les provisions pour pertes des banquiers.

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