Les banques espagnoles ploient sous les créances douteuses

le 20/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le taux de créances douteuses et litigieuses a atteint un nouveau record en juin, selon les chiffres de la Banque d'Espagne

Jusqu’où la montée des créances douteuses en Espagne ira-t-elle? On est en droit de se poser la question au regard des chiffres du mois de juin, publiés hier par la Banque d’Espagne. Le montant de CDL (créances douteuses et litigieuses) a en effet atteint 176,4 milliards d’euros, soit 11,6% de l’encours total des prêts présents dans les bilans des établissements ibériques. La somme représente six milliards d’euros de plus qu’au mois de mai (le ratio atteignait 11,2%).

Le ratio de CDL établit un nouveau record. Le précédent datait du mois de novembre dernier: la proportion avait alors frôlé les 11,4% (taux révisé). Mais la mise en place de la bad bank (la «Sareb») par l’Etat espagnol et le transfert consécutif de milliards d’euros d’actifs toxiques avaient permis au taux et au montant de créances douteuses de reculer en décembre, pour la première fois depuis 17 mois. Cette décision succédait à l’octroi par l’Union européenne, en juin 2012, d’une ligne de crédit de 100 milliards d’euros à l’Espagne, qui en a utilisé 41 milliards.

L’espoir aura été de courte durée. Les résultats du deuxième trimestre publiés par les principaux établissements espagnols laissaient de toute façon peu de doutes: BBVA comme Santander ont vu leurs taux grimper (de 3,26% à 5,75% par exemple pour la seconde), même si le rythme de progression a pu se ralentir chez certains acteurs.

Conséquence de l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, les créances hypothécaires représentent la grande majorité des CDL. Les PME du secteur de l’immobilier et de la construction sont également en grande difficulté. Pour tuer dans l’œuf tout optimisme irraisonné, BBVA a indiqué à l’occasion de la publication de ses comptes que les créances douteuses dans ce secteur devraient continuer leur progression tout au long du premier trimestre 2014.

Même si certains économistes envisagent une timide reprise de la croissance à la fin de l’année en cours, il ne faut pas espérer un assainissement sensible du bilan des banques espagnoles avec un taux de chômage supérieur à 26% au deuxième trimestre. «Les risques pour l'économie, et par conséquent sur le secteur financier, restent élevés», estimait le FMI dans un rapport publié en juillet.

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