SocGen surprend grâce à ses métiers phares

le 02/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Société Générale a largement dépassé les attentes du marché grâce à sa BFI et aux réseaux

La Société Générale était à la fête hier. Son titre a bondi de 10,38 % pour clore la séance à 33,35 euros. Et pour cause: la banque a multiplié par 2,2 son bénéfice net au deuxième trimestre, à 955 millions d’euros. Le résultat net récurrent – hors éléments exceptionnels ou purement comptables, comme l’évolution de la dette propre – progresse aussi significativement (+39% à 1,12 milliard). Le bénéfice comme le produit net bancaire (PNB), à 6,23 milliards, dépassent le consensus des analystes, qui anticipait un résultat de 703 millions et un PNB de 5,88 milliards.

Car c’est à travers ses métiers – en particulier la banque de détail en France et la banque de financement et d’investissement (BFI) – que la Société Générale a pu afficher des comptes de cette facture.

Alors que les réseaux des banques françaises souffrent depuis plusieurs trimestres dans l’Hexagone du ralentissement économique, de la faiblesse des taux d’intérêt et de la modification des comportements des clients, le groupe de la Défense surprend en affichant une croissance de ses revenus de 3% (à 2,07 milliards d’euros), grâce à un bond de 4,4% des commissions et de 1,9% de la marge d’intérêt.

«Une partie de la progression du PNB vient de l’amélioration très forte des dépôts, qui se ressent sur la marge. Nous avons également bénéficié de la baisse du taux du Livret A. La hausse des commissions provient en partie de la clientèle des entreprises; je rappelle que la Société Générale est leader en France dans les crédits de fonctionnement», indique Jean-François Sammarcelli, directeur général délégué du groupe et responsable des réseaux pour la France.

Les dépôts progressent de 10% (à 155 milliards d’euros), alors que les encours de crédits stagnent à 176 milliards; le ratio crédits/dépôts est ainsi passé de 125% au deuxième trimestre 2012 à 114% un an plus tard. Une donnée que le marché – attentif à ce ratio depuis la fuite de liquidité subie par les banques européennes consécutivement à la crise de la zone euro en 2011 – appréciera.

La Société Générale n’est toutefois pas immunisée contre la morosité économique ambiante. Ses provisions nettes pour coût du risque ont ainsi bondi de plus de 29%, à 274 millions d’euros. Ce qui explique principalement le recul de 11,4% du résultat net des réseaux France, à 319 millions d’euros. Cette évolution est toutefois compensée par le redressement des réseaux internationaux, grâce à la Russie (dont le résultat net est passé en un an de -271 millions à 10 millions d’euros) et au retour à l’équilibre en Roumanie.

La BFI constitue l’autre motif de satisfaction du groupe. Son résultat net comptable triple (à 374 millions d’euros) et progresse de 70% en ce qui concerne les activités pérennes (à 416 millions). L’écart est lié au poids des actifs gérés en extinction, hérités de la crise financière et que le groupe est en passe de solder. Leur effet négatif sur le résultat imposable a été réduit à 60 millions d’euros au cours du trimestre.

Les revenus progressent plus particulièrement dans les actions (+42% à 666 millions d’euros), où la Société Générale a profité pleinement du redressement de la Bourse depuis le début de l’année. L’activité sur les taux, changes et matières premières résiste (+9% à 537 millions). Le PNB comptable du pôle financement et conseil progresse de 7% (à 402 millions), mais recule de 7% hors éléments exceptionnels.

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