L’assurance des pros et PME stimule la rentabilité du marché des dommages

le 02/08/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Cette clientèle permet aux assureurs français d’améliorer leur résultat technique, mais la concurrence et la crise assombrissent le tableau

Le marché des assurances pour professionnels et TPE-PME réserve quelques surprises. S’il représente seulement 30% de l’activité non-vie des assureurs français en 2011, il a généré 71% de leur résultat technique, c’est-à-dire de leur marge d’exploitation, révèle le dernier baromètre Facts & Figures (F&F) de l’assurance dommages qui isole pour la première fois ce segment de marché. «C’est sur ce marché que les assureurs traditionnels font leurs marges», estime Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet de conseil.

En 2011, le chiffre d’affaires des contrats non-vie vendus aux professionnels et PME-TPE affiche une rentabilité (ratio technique rapporté au chiffre d’affaires) de 12,8%, contre seulement 2,3% dans l’assurance dommages pour les particuliers.

Si les ménages comparent assez facilement les prix des assurances auto ou habitation et si les grands groupes lancent des appels d’offres, les petites entreprises sont moins bien armées pour connaître le prix de leurs risques, estime F&F. D’autant que leur segment est dominé à 70% par les agents généraux et les courtiers, qui jouent sur le service et leur proximité avec leurs clients. Axa écrase ses concurrents, avec 28% du chiffre d’affaires global sur les professionnels et PME-TPE* et 15% de rentabilité, mais Aviva France se démarque avec un ratio technique sur chiffre d’affaires de 25%.

Encore petits mais plus agressifs en termes de prix, les bancassureurs comme Predica (Crédit Agricole) gagnent toutefois du terrain, au détriment des mutuelles sans intermédiaires.

Du coup, l’écart de profitabilité avec le marché des particuliers a commencé à diminuer en 2011 et le chiffre d'affaires de l'assurance des petites entreprises a atteint un palier. Sur cette clientèle, «la quasi-totalité des groupes et des réseaux mettent en place des plans de développement, relève F&F. Or, ce marché ne connaît qu’une faible croissance de ses primes en raison de la crise. Une baisse des résultats techniques est hautement probable ces prochaines années». Le chiffre d’affaires de ce segment de marché est d’ailleurs resté stable entre 2010 et 2011.

Sur fonds de crise économique, «l’idée d’équiper globalement les pros ou les PME-TPE ne marche pas car ils n’ont pas des moyens financiers illimités», juge Cyrille Chartier-Kastler.

*hors assurances transport, construction et crédit.

Axa écrase ses concurrents sur l’activité non-vie.
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Axa écrase ses concurrents sur l’activité non-vie.

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