Les banques européennes ont un levier comparable à celui des américaines

le 24/07/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Une étude de la FDIC aux Etats-Unis relativise l'avance supposée des poids lourds de Wall Street par rapport à leurs concurrentes

L’écart de levier entre les banques américaines et les autres n’est pas si flagrant.

Le sujet a fait jaser les régulateurs bancaires lors du G20 Finances du week-end dernier. Quelques jours après l’annonce par la Fed de l’adoption des règles de solvabilité Bâle 3 aux Etats-Unis et d’un projet de ratio de levier plus contraignant pour les établissements systémiques, les Américains arrivaient en position de force.

Les huit plus grandes banques du pays devront respecter un ratio minimum de 5% de fonds propres par rapport au bilan, et de 6% pour les filiales bénéficiant de la garantie des dépôts. De quoi relancer une thèse bien connue depuis le début de la crise: les banques américaines ont pris à bras-le-corps la question de la solvabilité et du nettoyage des bilans, là où les européennes repoussent le problème à plus tard.

La réalité des chiffres est pourtant plus nuancée. La FDIC (Federal Deposit Insurance Corp), l’un des superviseurs bancaires américains, donc peu suspect de sympathie pro-européenne, a calculé les ratios de levier des banques systémiques mondiales. Et pour les comparer, elle s’est efforcée de recalculer les actifs des géants de Wall Street en normes comptables internationales (IFRS). Les normes américaines US GAAP minorent en effet la taille des bilans bancaires car elles autorisent la compensation de tous les dérivés et du collatéral qui sont traités avec la même contrepartie.

Résultat, l’écart de levier entre les banques américaines et les autres n’est pas si flagrant. Le ratio moyen est de 3,88% pour les premières à fin 2012, contre 3,61% pour les secondes. Le passage des US GAAP aux IFRS fait gonfler de 50% à 80% les actifs des Bank of America et autres Goldman Sachs.

Les calculs de la FDIC font apparaître quelques cas particuliers. Outre-Atlantique, avec un leverage ratio de 2,55%, Morgan Stanley ne respectait pas à fin 2012 la barre des 3% prévues dans les règles de Bâle 3, dont l’approche tend à gommer l’avantage comptable américain. Côté européen, Deutsche Bank apparaît clairement en position de faiblesse avec un ratio de 1,63%. Depuis, la banque allemande a réalisé fin avril une augmentation de capital de 3 milliards d’euros, et pourrait annoncer un nouveau plan de réduction de son bilan, selon le FT du 22 juillet. Le groupe Crédit Agricole, la Société Générale et UBS sont aussi sous les 3%, tandis qu’à l’autre bout du spectre, HSBC dépasse les 5%.

L’écart de levier entre les banques américaines et les autres n’est pas si flagrant
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L’écart de levier entre les banques américaines et les autres n’est pas si flagrant

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