Les banques britanniques ont la pression pour muscler leur contrôle interne

le 18/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’association des auditeurs relève que les amendes du régulateur ont quasiment été multipliées par huit l'an dernier

Les banques britanniques ne doivent en rien relâcher leurs efforts visant à renforcer la qualité de leurs contrôles internes. Le CIIA (Chartered Institute of Internal Auditors), association nationale des auditeurs qui a publié en février un projet de nouveau code de conduite en la matière, a souligné hier la vigilance accrue du régulateur. L’association a mis en lumière que le montant des amendes infligées l’an passé pour défaut de contrôle interne par l'ex-FSA (Financial Services Authority), dont les missions sont confiées depuis le 1er avril à la FCA (Financial Conduct Authority), a été multiplié par 7,6, passant de 38,5 à 292,3 millions de livres (de 45,3 à 344,3 millions d’euros).

Il s’agit de sanctions pour manque de «vigilance raisonnable dans l’organisation et le contrôle des activités avec des systèmes adéquats de gestion du risque», selon la classification de l’autorité. Les amendes liées au contrôle interne ont représenté 66% des amendes distribuées par la FSA en 2012, contre 59% en 2011, relève le CIIA.

Certaines affaires ont fait grand bruit, particulièrement liées au scandale de manipulation du taux interbancaire Libor, Barclays ayant subi dans ce cadre une sanction de 60 millions de livres. UBS a par ailleurs été punie pour ne pas avoir pu détecter convenablement des transactions non autorisées par un trader sur fonds indiciels cotés, Kweku Adoboli.

Ces affaires ont montré selon Ian Peters, le directeur général du CIIA, à quel point des contrôles internes «faibles» pouvaient «facilement» laisser passer des comportements inappropriés voire «criminels». Et la toute jeune FCA a déjà sévi à deux reprises avec des amendes de 4,2 et 3,1 millions de livres à l’encontre d’EFG Private Bank et de JPMorgan. Alors que le risque majeur de réputation n’est pas quantifiable, le coût seul des sanctions du régulateur devient plus douloureux.

Ian Peters clame que le contrôle interne doit être «une priorité» des autorités, avec l’appui par exemple du nouveau code de conduite élaboré sous l’égide de l’association avec des représentants des banques, des assureurs, et de la Banque d’Angleterre. La publication de ce code est attendue d’ici à quelques semaines, probablement mi-juillet, selon le porte-parole du CIIA. Il en va de la confiance du public dans le système financier.

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