La banque Co-op essore ses créanciers

le 18/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'annonce du groupe britannique confirme le mouvement de mise à contribution des créanciers lors de renflouement

Co-operative Bank a annoncé hier son plan de renflouement.

La mise au pas des créanciers obligataires des banques se confirme. Co-operative Bank a annoncé hier son plan de renflouement. L’établissement mutualiste britannique a besoin de 1,5 milliard de livres de fonds propres (1,77 milliard d’euros) pour satisfaire aux exigences de la Banque d’Angleterre et du superviseur , la Prudential Regulatory Authority (PRA): au moins un milliard dès cette année et le solde en 2014. C’est la douche froide pour les détenteurs d’obligations subordonnées, qui devront passer au tiroir-caisse sous la contrainte.

Afin de ne pas compromettre l’Etat et les contribuables britanniques – déjà mis à contribution par les nationalisations de Royal Bank of Scotland et de Lloyds Banking Group – les dirigeants de Co-op Bank ont dû choisir la solution du sauvetage interne (bail-in), privilégiant le recours aux créanciers et aux déposants. Ils ont été conseillés par UBS et le cabinet Allen & Overy.

Les créanciers obligataires – dont 7.000 investisseurs particuliers – vont donc devoir échanger leurs titres contre des titres de dette et des actions nouvellement émis par l’établissement, qui se retrouvera de ce fait coté sur le London Stock Exchange (LSE). L’opération impliquera également Co-op Group, la structure faîtière de la banque mutualiste.

Les créanciers «seront invités à échanger leurs titres contre un instrument de dette senior non garantie à taux fixe émis par Co-op Group et – en fonction de leur niveau de participation – contre des titres à taux fixe émis par la banque, ainsi que contre des actions ordinaires émises également par la banque», explique le communiqué de l’établissement.

Ce dernier s’attend à que les détenteurs de la partie la plus junior des obligations se voient offrir une proportion plus importante d’actions, tandis que les détenteurs de la partie plus senior seront davantage rémunérés en dette senior de Co-op Group.

Etant donné que la dette subordonnée de la banque atteint 1,3 milliard de livres, il est très probable que l’échange implique une conversion de 100% des créanciers: dès lors, un certain niveau de coercition semble inévitable, estime Paul Smillie, analyste chez Threadneedle cité par Bloomberg. L’établissement vise dix instruments de dette actuellement cotés. Quoi qu’il en soit, l’opération, menée par HSBC et prévue pour octobre, impliquera une perte pour les créanciers.

Les dirigeants ont affirmé que Co-op Group resterait majoritaire au capital de Co-op Bank à l’issue de l’opération. Selon des confidences faites à l’agence Reuters, les investisseurs devraient se retrouver avec au moins un quart du capital.

Le solde des fonds propres (500 millions de livres au maximum) proviendra notamment du produit de la vente des activités d’assurance-vie (pour lesquelles Royal London a accepté de payer 220 millions), d’assurance de dommages et de gestion d’actifs. Il viendra également des économies réalisées sur les coupons des nouveaux instruments de dette par rapport aux anciens, ainsi que de certaines actions de gestion de la banque, notamment en direction des rémunérations de ses dirigeants.

La solution retenue, avec l’aval des autorités, pourrait échauder un peu plus les créanciers exposés à la dette bancaire en Europe – et par ricochet affecter les banques, pour qui il pourrait être plus difficile de convaincre des investisseurs rendus craintifs.

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