Le superviseur demande aux banques françaises d'améliorer leur rentabilité

le 12/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans son rapport sur l'activité des banques en 2012, l'Autorité de contrôle prudentiel note la dégradation des coefficients d'exploitation

Dans son rapport sur la situation des grands groupes bancaires français en 2012, l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) constate sans surprise que ces dernières ont subi la baisse de leurs marges, à l’instar de leurs homologues européennes, réduit leurs besoins de financement et continué à renforcer leurs fonds propres de base.

L’ACP s’inquiète toutefois de la progression de leur coefficient d’exploitation (qui rapporte les frais de fonctionnement au PNB) : «Les charges ont baissé de 1% entre 2011 et 2012, mais leur maîtrise n’a pas été suffisante pour compenser la contraction des revenus. Le coefficient moyen s’établit ainsi à 69,3% avant exceptionnels, soit une augmentation de 4,6 points par rapport à 2011».

Si ce niveau s’explique par la faiblesse des marges d’intérêt, la réforme du crédit à la consommation et les restrictions sur certaines commissions – qui constituaient des revenus importants – ont également pesé sur les revenus. «De nouveaux efforts doivent être accomplis par les banques pour améliorer leur coefficient d’exploitation», recommande l’ACP, prenant acte des actions entamées début 2013.

Le superviseur prévient également que la baisse de 28,6% du coût du risque en 2012 (à 16,1 milliards d’euros, soit 0,23% du bilan) n’est qu’apparente. Elle «résulte d’une base de comparaison élevée en 2011, due à l’enregistrement des dépréciations sur titres grecs. En neutralisant cet événement, le coût du risque augmente en fait légèrement (+2%)».

En outre, l’ACP note une montée du risque opérationnel, tant en banque de détail (notamment au premier trimestre), qu’en banque de financement et d’investissement (BFI), où il est passé de 0,63% en mars 2011 à 1,59% fin 2012. L’Autorité note que le montant des incidents d’exécution, de livraison et de gestion des processus a progressé de 18% entre décembre 2011 et décembre 2012.

Le rapport met également en lumière des tendances moins connues. Le rééquilibrage des métiers au détriment de la BFI a profité aux activités d’assurance. Elles occupent une part de moins en moins anecdotique dans les revenus des groupes bancaires: selon l’ACP, elle représente 6,2% du PNB des quatre des six acteurs considérés dans le rapport (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Crédit Mutuel), contre 4,4% en 2009. Après une année 2011 difficile en raison de la crise grecque, la part de l’assurance dans le résultat d’exploitation a doublé, pour établir un nouveau record de 20,5%.

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