Les sorts des banques et des Etats de la zone euro restent intimement liés

le 11/06/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les institutions financières européennes n'ont pas diminué leur exposition aux pays de la zone euro depuis fin 2011, bien au contraire

Les banques de la zone euro ont encore renforcé leur exposition aux souverains. Illustration L’Agefi.

Les banques européennes, notamment celles des pays périphériques, détiennent de plus en plus de dette souveraine de la zone euro. Cette situation montre à quel point la situation des institutions financières et celles des Etats de l’Union monétaire restent intimement liées alors que les dirigeants européens tentent justement de les rendre moins interdépendantes.

Le montant de dette souveraine de la zone euro détenu par les banques italiennes a augmenté de plus de 60% entre novembre 2011 et avril 2013, pour atteindre 404,1 milliards d’euros, selon les chiffres de BNP Paribas CIB. L’augmentation est presque aussi importante en Espagne où la dette d’Etats européens détenue par les banques domestiques représentait 283,1 milliards d’euros. Sur la période, les établissements financiers portugais ont augmenté leur détention de dette souveraine de près de 50%, jusqu’à 38 milliards d’euros et les français de près de 30%, à 282,4 milliards d’euros.

Selon Ricardo Santos, économiste chez BNP Paribas CIB, ces chiffres reflètent non seulement les achats de dette souveraine par les banques mais aussi l’augmentation de la valeur de la dette d’Etat. Depuis la présentation du programme de rachat de dette de pays en difficultés (OMT) par la Banque centrale européenne (BCE), les taux souverains périphériques se sont considérablement détendus. Ricardo Santos souligne en tout cas que l’augmentation des prêts aux Etats peut expliquer la baisse des prêts au secteur privé.

Si la détention de dette de la zone euro par les banques a augmenté, la dette domestique constitue toujours une très large part des montants détenus. En avril dernier, la quasi-totalité de la dette de la zone euro détenue par les banques italiennes et espagnoles était domestique. Cette proportion est aussi très importante pour les banques françaises. Or, ce lien entre banques et Etats se révèle vicieux puisque les difficultés financières et politiques des Etats peuvent se répercuter sur les banques et vice-versa.

Pour réduire cette interdépendance, les Etats européens ont décidé de bâtir l’Union bancaire mais elle est loin d'être totalement mise en place. De même, les Européens ne se sont pas encore mis d’accord sur les conditions dans lesquelles le Mécanisme européen de stabilité financière (MES) pourra recapitaliser les banques pour réduire la charge des sauvetages bancaires pour les Etats.

Les banques de la zone euro ont encore renforcé leur exposition aux souverains. Illustration L’Agefi.
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Les banques de la zone euro ont encore renforcé leur exposition aux souverains. Illustration L’Agefi.

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