La Maif s’adapte à la conjoncture en gelant ses tarifs auto

le 16/05/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Face à la baisse du pouvoir d’achat et à la future loi sur la consommation, la mutuelle veut modérer ses prix pour rester dans la course

La Maif prend ses concurrents de court. La mutuelle niortaise a annoncé hier le gel de ses tarifs d’assurance auto en 2014. «Nous faisons cette annonce exceptionnellement tôt dans l’année, reconnaît son PDG Roger Belot. Le conseil d'administration décidera en septembre s'il s'agit d'un maintien ou d'une baisse», après deux années de légère hausse. La Maif explique son geste commercial par des résultats 2012 convenables, ainsi que par la baisse du pouvoir d’achat des Français et le futur projet de loi Hamon sur la consommation.

Celui-ci devrait permettre de résilier à tout moment son contrat d’assurance auto et habitation, au-delà de la première année d’engagement. «Le ministre part d’une bonne intention mais c’est une fausse bonne idée», estime le PDG de la Maif qui craint une augmentation du taux de rotation de clients «zappeurs», une hausse des frais de commercialisation et une baisse de la qualité des contrats. Le Groupement des entreprises mutuelles d’assurance (Gema) doit d’ailleurs dévoiler aujourd’hui une étude démontrant la nocivité supposée de la réforme, au regard de celles menées ailleurs, en premier lieu au Royaume-Uni. «Nous sommes persuadés que le modèle mutualiste est celui qui permet de maîtriser les prix», déclare Roger Belot. Pour preuve, «la Maif a baissé ses prix de 8 % en dix ans», assure son directeur Pascal Demurger, face à une hausse de 11% pour le marché de l'assurance auto et de 19% pour l’inflation.

La Maif a également annoncé hier une nouvelle offre auto et habitation destinée aux jeunes, complétée par un contrat risques professionnels pour les nouveaux enseignants, son vivier naturel, et par une complémentaire santé élaborée par la MGEN, la mutuelle de l’Education nationale, pour les autres actifs de moins de 30 ans. Pour deux ou trois contrats souscrits, elle propose des réductions tarifaires tout en se défendant de tomber dans le low cost.

La Maif s’estime par ailleurs en bonne voie dans la réorganisation de son dispositif commercial et de gestion des sinistres, malgré une baisse de son chiffre d’affaires l’an dernier. Celui-ci a reculé de 1,8 % à 3,04 milliards d’euros, après le recul de la collecte en assurance vie (92 millions contre 150 millions en 2011). Le résultat net a en revanche triplé, à 157 millions d’euros, grâce à l’amélioration des produits financiers (257 millions d’euros).

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