Le marché sanctionne la stratégie internationale passée de CNP Assurances

le 29/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'exposition du groupe à la crise chypriote pourrait toutefois rester relativement modeste à l'échelle du groupe

Significativement exposé au marché chypriote, CNP Assurances a été logiquement sanctionné en Bourse hier. Son titre a perdu jusqu’à 4,6% en journée, avant de clore la séance en recul de 1,83%.

Le groupe français – contrôlé à 40% par la Caisse des dépôts (CDC) et à 35,5% par une holding regroupant la Banque Postale et BPCE – a acquis, en 2008, 50,1% de l’activité d’assurance de Cyprus Popular Bank (également appelée Laiki Bank), rebaptisée CNP Laiki Insurance Holdings. La faillite organisée de Cyprus Popular dans le cadre du plan de restructuration du secteur bancaire de l’île aura donc des conséquences sur CNP Laiki.

L’assureur français a confirmé mercredi à L’Agefi qu’il était en train d’en évaluer l’effet. Il avait déboursé 145 millions d’euros pour prendre le contrôle du pôle assurances de Cyprus Popular, qui couvre également le marché grec. CNP Assurances nourrissait alors l’ambition d’atteindre une part de marché de 5% du marché hellène et de s’étendre en Ukraine et en Roumanie. Concrètement, Laiki Cyprialife, filiale vie qui génère 60% des revenus de la coentreprise, occupait 29% du marché de l’île, tandis que Laiki Insurance affichait 15% de parts de marché dans l’assurance de dommages.

Cela dit, CNP Laiki représente une goutte d’eau dans l’activité de CNP Assurances. Ses revenus atteignent 190 millions d’euros en 2012 (-10% par rapport à 2011), alors que l’ensemble du groupe affiche un chiffre d’affaires de 26,5 milliards d’euros. CNP Laiki est valorisée à 170 millions dans le bilan de sa maison-mère, dont 79,4 millions nets d’écart d’acquisition au 31 décembre 2012. Sa marge de solvabilité atteint 300%.

La nouvelle met toutefois en évidence le manque de clairvoyance des directions passées (l’actuel directeur général, Frédéric Lavenir, n’est en poste que depuis septembre dernier) dans leur stratégie d’expansion internationale, à la manière de Groupama et, dans une moindre mesure, du Crédit Agricole.

En 2012, Chypre représentait le quatrième marché à l’étranger de CNP Assurances par les revenus, derrière l’Espagne, l’Italie et le Brésil. Or, le groupe a déjà déprécié sa coentreprise italienne (avec UniCredit) de 170 millions l’année dernière en raison de la récession qui frappe la péninsule, où ses revenus ont reculé de 33%. Ils ont aussi baissé de 7,5% en Espagne et de 73% au Portugal, sans compter le recul de 10% de la France. Seul le Brésil tient la rampe.

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