Le Crédit Mutuel CIC souffre du tassement des marges

le 01/03/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe, qui rassemble la majorité des fédérations du Crédit Mutuel, a vu son activité reculer de 6,3% dans ses réseaux, à périmètre constant

De prime abord, le CM-CIC affiche une parfaite stabilité en 2012. Le groupe, qui rassemble 11 fédérations du Crédit Mutuel et le CIC, a publié hier un bénéfice net de 1,82 milliard d’euros (0,1%), contre 2,15 milliards pour l’ensemble des 18 fédérations du groupe (+1,9%) dont le bénéfice a aussi été dévoilé par Michel Lucas, son président. Le produit net bancaire (PNB) du CM-CIC a crû de 3,7 %, à 11,46 milliards d’euros. A périmètre constant, avant l’intégration de la fédération d’Anjou début 2012, la hausse est de 1,9%.

Pourtant, la banque de détail, qui comprend aussi le crédit à la consommation et les services parabancaires, affiche des performances en net repli. A périmètre constant, son PNB, incluant les filiales étrangères, a diminué de 6,3%. Celui du réseau Crédit Mutuel diminue de 3%, et celui du réseau CIC de 5,1%, la plus forte baisse parmi les banques françaises.

Le résultat avant impôt du CM-CIC, qui représente 75% du total du groupe Crédit Mutuel, a reculé de 29% à 2,1 milliards d’euros. «C’est lié à des problème des marges, déplore Michel Lucas. Il n’y a jamais eu un écart aussi élevé entre le taux de l’épargne réglementée et le coût des dépôts.» Les livrets défiscalisés (Livret A, etc.), dont les encours sont majoritairement centralisés à la Caisse des dépôts, ont «aspiré l’essentiel de la croissance des dépôts (en hausse de 8%)», indique Alain Fradin, directeur général. Cela n’a pas empêché le groupe d’améliorer son ratio de crédits sur dépôts passé de 166% à 126% en cinq ans. Les encours de prêts de la banque de détail ont progressé de 1,6% seulement l’an dernier, avec un ralentissement marqué dans l’habitat (+0,7%).

Si les 11 fédérations ont augmenté leur nombre d’agences grâce au CM Anjou, le CIC a commencé à payer le ralentissement de l’activité. L’enseigne a perdu 34 points de vente en net l’an dernier et 309 salariés. A l’échelle du groupe, il n’y a eu que 304 suppressions nettes de postes.

Le CM-CIC doit le maintien de sa performance financière globale à l’assurance: son produit net a bondi de 46% et son résultat avant impôt a franchi la barre du milliard d’euros (+65%). Le PNB des activités de marché affiche aussi un net rebond (+50%), tandis que les activités de financement ont reculé de 33%. Michel Lucas ne s’interdit pourtant pas d’arrêter les activités de marché et de capital-développement, logées dans le CIC, si une loi «complètement idiote» l’imposait.

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