Rabobank négocie à grands frais sa reddition dans le scandale du Libor

le 27/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Bloomberg rapporte que le groupe néerlandais pourrait écoper en mai d’une amende allant jusqu’à 470 millions d’euros

Photo: Kick SMEETS/HOLLANDSE HOOGTE-REA

Rabobank serait «le prochain sur la liste» à en croire Bloomberg. Selon des sources proches, le groupe coopératif néerlandais de services financiers négocie actuellement un accord avec les autorités américaines et britanniques concernant le scandale de manipulation des taux interbancaires. Rabobank n’a pas souhaité commenter l’information, mais pourrait être contraint de s’expliquer demain à l’occasion de la publication de ses résultats annuels.

Le montant des amendes infligées par la CFTC, régulateur des marchés à terme outre-Atlantique, par le Département de la Justice américain (DoJ), et par la FSA, gendarme des marchés outre-Manche, pourrait bien se situer entre ceux convenus dans le même dossier par Barclays en juin 2012 et par Royal Bank of Scotland le mois dernier, soit entre 330 et 470 millions d’euros. Loin certes de la sanction de 1,1 milliard dont UBS a écopé, portant l’ardoise totale pour l’instant à 1,9 milliard.

Des représentants du DoJ et du FBI se seraient récemment rendus à Londres pour interroger des salariés de Rabobank concernés, toujours présents au sein de la banque ou non, les autorités discutant désormais des détails d’un compromis avec les avocats du groupe. Rabobank a déjà indiqué coopérer sur le sujet avec les autorités de l’Union européenne, du Japon, de Hong Kong, de Singapour, de Suisse et des Pays-Bas, et aurait, selon la presse néerlandaise, licencié entre 2008 et 2011 quatre traders soupçonnés d’être impliqués dans la manipulation des taux interbancaires.

La signature d’un accord pourrait toutefois ne pas suffire à sortir tout à fait Rabobank de l’ornière, au même titre que ses concurrentes déjà réprimandées ou que celles encore en pourparlers. Leur réputation est mise à mal, même si Rabobank a annoncé sa sortie du panel de l'Euribor, et des procès ne peuvent être exclus. Le Wall Street Journal rapporte ainsi que seize établissements, parmi lesquels Barclays, RBS ou UBS, feraient front commun dans le cadre de poursuites aux Etats-Unis. Leurs avocats devraient demander dès la semaine prochaine à des tribunaux californien et new-yorkais le rejet d’une trentaine de plaintes au civil en quête du statut d’action en nom collectif (class action). Déposées par des plaignants allant selon le quotidien «du conducteur de tramway de San Francisco à la ville de Baltimore», ces poursuites visent des dommages de «plusieurs dizaines de milliards de dollars».

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