Caixabank supprime près de 10% de ses effectifs en Espagne

le 26/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le plan de 3.000 suppressions de postes annoncé lundi par la banque est le dernier en date dans un secteur exsangue

Le secteur bancaire espagnol vit au rythme des plans sociaux. Caixabank a annoncé lundi la suppression d'environ 3.000 emplois, soit un peu moins de 10% de ses effectifs, afin d'améliorer sa rentabilité après une série d'acquisitions réalisées au cours des trois dernières années. La banque barcelonaise, rattachée au groupe de services financiers La Caixa, employait 32.600 personnes à la fin de 2012, contre 27.000 fin 2011.

Cet accroissement est dû aux rachats l’an dernier de deux établissements, Banca Civica et Banco de Valencia. Outre l’intégration de plus de 5.000 collaborateurs supplémentaires, ces deux rachats ont porté le nombre d’agences de 5.200 à plus de 6.300. Banca Civica a été reprise au printemps à travers une offre d’échange qui valorisait la banque à 980 millions d’euros. Puis, en novembre, le groupe a racheté pour un euro symbolique le Banco de Valencia au Fonds de restructuration bancaire (Frob), qui avait nationalisé l’établissement et y a injecté 4,5 milliards d’euros pour le recapitaliser.

La digestion de ces deux acquisitions rendait inéluctable une restructuration. Une «période de dialogue et de négociations» s'est ouverte avec les syndicats, jusqu'à fin avril au maximum, selon un communiqué de la banque. Ce plan s’ajoute à une multitude d’annonces similaires chez les concurrents du groupe, à l’image des 6.000 suppressions de postes chez Bankia ou des 3.000 chez Banesto. Les filiales de banques étrangères, comme Barclays, vont également réduire la voilure. Selon les estimations de la centrale syndicale CCOO, le nombre d'employés dans le secteur bancaire espagnol pourrait avoisiner les 218.500 à la fin de cette année, contre 270.000 en 2007. Le secteur a donc détruit en six ans un emploi sur cinq.

Caixabank a annoncé le 1er février un bénéfice net en baisse de 78% pour 2012, à 230 millions d'euros, alors que les analystes financiers interrogés par Reuters avaient anticipé 278,7 millions. Le groupe a été touché comme ses pairs par d'importantes provisions passées sur des actifs immobiliers espagnols à risque, avec 10,3 milliards comptabilisés, tandis que le ratio de créances douteuses atteignait 8,62% à fin décembre. Le groupe fait cependant partie, avec BBVA et Santander, des banques n’ayant pas eu besoin d’être recapitalisées dans le cadre du plan de sauvetage du secteur décidé en 2012.

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