HSBC poursuit sa cure mondiale d’amincissement en délaissant le Panama

le 21/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La vente des activités locales à Bancolombia pour 2,1 milliards de dollars constitue la 46e opération de cession de l’ère Stuart Gulliver

HSBC poursuit sa cure d’amaigrissement mondiale en délaissant le Panama - Photo : Bloomberg

HSBC maintient le cap de la réallocation de ressources vers les marchés jugés les plus prometteurs, dans le cadre d’une politique de rigueur pilotée depuis deux ans par le directeur général Stuart Gulliver. En témoigne la cession annoncée mardi des activités de la banque britannique (banque, courtage, gestion d’actifs et assurance) au Panama à Bancolombia pour 2,1 milliards de dollars, en numéraire. Ce montant représente le triple de la valeur nette comptable des actifs (pour un portefeuille de 5,7 milliards de prêts et de 5,8 milliards de dépôts). Les parties espèrent finaliser la transaction au troisième trimestre.

Antonio Losada, le patron de HSBC pour l’Amérique latine, a souligné qu’il s’agissait de la quarante-sixième opération de vente ou de fermeture d’activités dans le monde depuis le lancement du plan stratégique en mai 2011. Chirantan Barua chez Bernstein Research, qui salue la conformité de la cession au Panama avec le souhait de HSBC de délaisser les marchés périphériques, reste pourtant sur sa faim. L’analyste s’interroge sur l’utilisation du fruit de ces ventes à travers le monde: si la banque ne sait qu’en faire, «à quand le retour aux actionnaires?»

HSBC se félicite de pouvoir désormais concentrer ses efforts sur les trois marchés cibles de la zone que sont le Brésil, le Mexique et l’Argentine. Au premier semestre 2012, le Panama, où la majeure partie de l’activité est issue du rachat du groupe bancaire local Banistmo en 2006, a contribué à hauteur de 6% environ des résultats de HSBC dans la région. Le Brésil était sur cette période le quatrième pays le plus important au monde pour HSBC en termes de bénéfice imposable.

La présence dans la zone avait déjà été fortement réduite l’an passé par le biais de deux transactions, celle de sortie de Colombie, du Pérou, du Paraguay et d’Uruguay au bénéfice de Banco GNB Sudameris pour 400 millions de dollars et celle de vente au Costa Rica, au Salvador et au Honduras au profit de Banco Davivienda pour 800 millions. Ces deux acquéreurs sont également des établissements colombiens. L’acquisition au Panama confirme ainsi la vitalité internationale des banques du pays, après également le rachat en 2011 pour 3,9 milliards des activités régionales d’ING par Grupo de Inversiones Suramericana. Carlos Raul Yepes, le directeur général de Bancolombia, a prévenu mardi que son groupe restait à l’affût d’acquisitions.

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