La Caisse des dépôts propose un compromis sur l'épargne réglementée

le 19/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-Pierre Jouyet vend aux banques une baisse du taux de centralisation du LEP pour préserver les masses en jeu sur le Livret A, autrement plus élevées

Jean-Pierre Jouyet prend les banques à leur propre jeu. Le directeur général de la Caisse des dépôts (CDC) a estimé dans un entretien aux Echos que le Livret d’épargne populaire (LEP) «pourrait faire l’objet d’une moindre centralisation» de ses encours à la section des fonds d’épargne de la CDC. Un moyen pour le dirigeant de ne rien lâcher sur le taux de centralisation de la collecte du Livret A, fixé à 65%. Jean-Pierre Jouyet considère ce niveau comme «une ligne rouge», alors que les banques réclament son abaissement pour conserver davantage de ressources à leur bilan.

Entre les deux livrets, il y a un monde d’écart. L’encours du LEP atteignait 51,7 milliards d’euros à fin 2012, dont 70% sont centralisés à la Caisse. Destiné aux ménages modestes peu ou pas imposés, le produit va en déclinant. Il a perdu 5% de ses encours en deux ans et 17% depuis fin 2008. En face, la collecte cumulée du Livret A et du Livret de développement durable (LDD) a approché les 50 milliards l’an dernier, portant l’encours des deux produits à 343 milliards, dont plus de 220 milliards remontent dans les fonds d’épargne. Depuis fin 2008, l’encours s’est accru de plus de 100 milliards grâce à une collecte qui a en partie ponctionné les livrets bancaires des grands réseaux distributeurs.

Une baisse de 5% du taux de centralisation à la CDC supposerait, dans un cas, une perte de ressources de 1,8 milliard pour les fonds d’épargne, et dans l’autre, de près de 11 milliards. La Caisse peut donc se permettre un geste sur le LEP pour préserver l’essentiel. Les banques, elles, devraient faire l’effort de vendre un produit moins margé, car rémunéré 0,5 point de plus que le Livret A, et destiné à une clientèle qu’elles ne prisent guère.

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