L'immobilier pèse sur les caisses régionales de Crédit Agricole

le 07/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si leurs encours continuent à progresser, la production chute. Mais la collecte de dépôts demeure dynamique

Les caisses régionales de Crédit Agricole peuvent témoigner du gel des transactions immobilières en 2012. Plusieurs d’entre elles ont publié leurs résultats ces derniers jours. En France, «la production de crédits a diminué de 33% et cette contraction pourrait se prolonger en 2013», estime Bertrand Chevallier, directeur général adjoint du Crédit Agricole d’Ile-de-France (Cadif), qui a publié hier un résultat net part du groupe en recul de 14,5%, à 260 millions d’euros, pour un produit net bancaire stable à 944 millions.

En l’espèce, ses réalisations de crédits à l’habitat ont lourdement chuté (-24,7% à 2,57 milliards d’euros). Le CA Nord de France - dont le résultat consolidé chute de 195 à 38,5 millions, en raison du renforcement de la couverture de ses risques de crédit et donc d'un bond de 64% de ses provisions - voit pour sa part la production de prêts immobiliers reculer de 22,8% en 2012, à 1,39 milliard d’euros. La baisse atteint 25% au CA Sud Rhône Alpes, à 1,015 milliard. De manière générale, les caisses préfèrent souligner la hausse de leurs encours malgré la baisse de la production.

Pour faire face aux exigences de liquidité des règles de Bâle 3, les banques européennes font de la collecte de dépôts – via des produits d’épargne de bilan – une priorité. Les caisses n’échappent pas à la règle et affichent des chiffres flatteurs.

Le Cadif a porté ses efforts sur les entreprises et les institutionnels, en proposant notamment des produits dédiés aux acteurs du logement social. «La collecte sur cette clientèle est passée de 30 millions début 2012 à 180 millions à la fin de l’année», illustre Nicolas Bontemps, directeur du marché des entreprises. La banque a également adapté certains produits aux associations. Au total, les encours de collecte auprès des entreprises ont progressé de 18,6% en 2012, à 13,7 milliards d’euros. En définitive, la collecte bancaire, tous segments de clientèle confondus, a progressé de plus de 11%, à 25,6 milliards d’euros. L’épargne financière et les encours d’assurance vie ont peu progressé (+3,7% et +1,6% respectivement).

D’autres éléments ont pesé sur les comptes des caisses en 2012: la dépréciation de la valeur des titres Crédit Agricole SA, le véhicule coté du groupe, et l'absence de dividendes, ainsi qu’une hausse des charges liées à la pression fiscale sur les banques et à la mise en place de NICE, le système d’information commun du groupe.

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