Londres durcit sa réforme bancaire

le 05/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Chancelier de l’Echiquier a promis de séparer d'office les activités de détail et d’investissement si les banques ne respectaient pas les nouvelles règles

A contre-courant des tentatives d’assouplissement des réformes bancaires européennes, le Royaume-Uni a décidé de muscler sa réglementation. A l’occasion d’un discours prononcé hier au siège de JPMorgan à Bournemouth dans le Sud de l’Angleterre, le chancelier de l’Echiquier George Osborne a menacé les banques britanniques de scission pure et simple si elles ne se conformaient pas aux nouvelles règles en matière de filialisation.

«Mon message aux banques est clair: si une banque passe outre les règles, le régulateur (ndlr: la BoE) et le Trésor auront ensemble le pouvoir de séparer totalement la banque de détail et d’investissement et pas simplement de réaliser un cloisonnement. Nous n’allons pas reproduire les erreurs du passé», a martelé George Osborne alors que le texte de loi arrivait le jour même devant la chambre des communes. Aux conclusions du rapport Vickers, le Chancelier de l’Echiquier a finalement préféré les recommandations d’une commission parlementaire prônant une «électrification» de la cloison entre banques de détail et d’investissement si la filialisation s’avérait inefficace.

La City a modérément apprécié le durcissement de ton du Chancelier. «Cela ne pourrait créer que de l’incertitude sur les modèles de banques universelles, et principalement pour Barclays, et dans une moindre mesure RBS, en fonction du rythme de deleveraging» explique une note de Credit Suisse. «Cela rendra plus difficile pour les banques de lever des capitaux, ce qui signifiera qu'elles auront moins d’argent à prêter aux entreprises» a renchéri de son côté Anthony Browne, directeur général de la BBA, l’association des banques britanniques.

A l’occasion de ce discours, George Osborne s’est aussi engagé à ouvrir le système des paiements outre-Manche afin d’accélérer les procédures de compensation des chèques et insuffler un surcroît de compétition dans le secteur. Le Chancelier a regretté le poids écrasant des quatre principales banques britanniques (RBS, Barclays, Lloyds et HSBC) qui gèrent 75% des comptes courants. «A l’heure actuelle, un nouvel entrant dans l’industrie doit se rendre auprès de l’une des grosses banques existantes pour utiliser le système de paiement, a-t-il indiqué. Nous allons faire en sorte que les nouveaux entrants puissent accéder à ces systèmes de façon juste et transparente».

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