Réunica est rappelé à ses devoirs par l'Autorité de la concurrence

le 04/02/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe de protection sociale, qui doit se choisir un partenaire fin mars, écope de 400.000 euros d'amende faute d'avoir notifié l'absorption d'Arpège

Certains oublis coûtent cher. Pour avoir omis de notifier au préalable une opération de fusion à l’Autorité de la concurrence, Réunica vient d’être condamnée par cette dernière à une amende de 400.000 euros. Personne n’était disponible vendredi chez le groupe de protection sociale pour commenter cette décision.

L’affaire remonte à 2010. Cette année-là, Réunica absorbe le 1er janvier un autre groupe de protection sociale, Arpège. Le point culminant d’un processus qui aura duré plus de trois ans, puisque les deux groupes avaient signé dès septembre 2006 une convention en vue de leur rapprochement. «C’est à la date du 1er janvier 2010 que (…) l’opération de concentration doit être regardée comme étant effectivement réalisée», précise l’Autorité de la concurrence.

Mais Réunica ne notifie pas l’opération avant cette date. Il aurait pourtant dû le faire. Le chiffre d’affaires combiné du nouvel ensemble (514 millions d’euros) et celui que Réunica et Arpège réalisaient chacun en France (351 et 163 millions) dépassaient les seuils de notification, fixés respectivement à 150 millions en combiné et 50 millions en individuel. Par le passé pourtant, à deux reprises, le groupe de protection sociale avait respecté la procédure: lors de la création de Réunima, une société commune avec Groupama, en 2007, et lors de l’absorption de Bayard, en 2008.

Pour déterminer le montant de l’amende, l’Autorité de la concurrence a tenu compte de circonstances atténuantes. Réunica s’est rapproché de lui-même du service des concentrations le 27 avril 2010, soit peu de temps après la réalisation effective de la fusion. «Mais la notification de l’opération n’a eu lieu que le 13 octobre 2011 et le dossier n’a pu être déclaré complet que le 20 février 2012», tempère l’Autorité. En lui-même, le mariage ne soulevait aucun problème de concurrence.

Depuis, Réunica s’est engagé mi-2012 dans un nouveau processus de rapprochement, cette fois dans la peau du «consolidé». Après l’échec d’un projet avec Pro BTP, numéro trois du secteur, le groupe a lancé un appel à candidatures afin de sélectionner un nouveau partenaire. AG2R La Mondiale, Malakoff-Médéric et Apicil, numéro un, deux et cinq des institutions de prévoyance en France, sont sur les rangs. Réunica espère faire son choix d’ici à fin mars.

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