La demande de crédits des ménages devrait rester faible en France

le 30/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon une enquête diligentée par l'Observatoire des crédits aux ménages, le taux de détention de crédits a atteint un plancher en 2012

La demande de crédits des ménages devrait rester faible en France. Photo: PHB

Jamais la situation n’a été aussi dégradée», constate Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université Paris Ouest, qui présentait hier au siège de la Fédération bancaire française (FBF) le 25e observatoire annuel des crédits aux ménages, mené auprès de 10.000 foyers. Le taux global de détention des crédits est tombé à 48,6% l’an dernier, son niveau le plus bas depuis 1989. En 2011, ce taux atteignait 49,4%. Moins d'un ménage sur deux a un crédit.

Une différence notable existe entre les crédits à la consommation et les prêts immobiliers. Ces derniers connaissent un effet de stock lié à une maturité supérieure et à la flambée du marché immobilier lors de la décennie passée: leur taux de détention a de ce fait continué à s’accroître modérément en 2012 (de 0,4 point à 31,4%). A contrario, la crise économique et l’encadrement législatif (la loi Lagarde entrée en vigueur de 2010) ont profondément affecté la demande pour les crédits à la consommation. Le taux chute de 2,6 points à 27,6% et manque de peu d’atteindre le plus bas enregistré en 1995 (27,3%).

La tendance ne devrait pas s’arranger en 2013: les perspectives économiques restent inexistantes et l’encadrement du crédit à la consommation sera encore renforcé par le projet de loi sur la protection du consommateur présenté en avril. «Les ménages anticipent les comportements de restriction», remarque Michel Mouillart. Une attitude qui se reflète dans les intentions de souscription à des niveaux historiquement bas: seuls 4,1% des ménages envisagent de contracter un prêt immobilier dans les mois à venir (ils étaient 4% début 2012) et 3,5% un crédit à la consommation (contre 3,6%).

Le taux de détention des crédits est tombé à son niveau le plus bas depuis 1989.
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Le taux de détention des crédits est tombé à son niveau le plus bas depuis 1989.

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