RCI Banque a moins de risque de connaître le même sort que PSA Finance

le 21/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Moody's a dégradé d'un cran la note de la banque de Renault. Mais la meilleure santé financière de sa maison mère devrait lui éviter de tomber plus bas

Légende : RCI Banque a moins de risque de connaître le même sort que PSA Finance - Photo : Bloomberg

Le verdict est tombé. Trois mois après avoir lancé une revue du secteur des banques captives des grands constructeurs automobiles européens, Moody’s s’est montré relativement clémente. Les notes des dettes à long terme de Banque PSA Finance (Baa3), de Volkswagen Bank (A3) et de FGA (Baa3), filiale commune entre Fiat et le Crédit Agricole, ont été confirmées. Seule la note de RCI Banque a été abaissée, de Baa2 à Baa3. Sa perspective est stable.

La décision et les motivations de Moody’s ne constituent pas une surprise, indiquent les analystes crédit de RBS. Dès la mi-octobre, lors de l’ouverture de sa revue sectorielle, l’agence de notation évoquait la détérioration économique en Europe, l’exposition importante des captives aux concessionnaires automobiles, leur dépendance à l'égard des marchés pour se financer et celle, plus limitée mais réelle, auprès des banques. Sur ce point, Moody’s rappelle que les efforts de réduction de bilan des banques européennes et les contraintes réglementaires risquent de limiter ce financement. A la fin du premier semestre 2012, les lignes bancaires (chiffre incluant les placements privés allemands Schuldschein) représentaient 3,9 milliards d’euros, soit 16% des ressources de RCI Banque.

Pour autant, même si la dégradation la situe à la limite de la catégorie spéculative, comme Banque PSA Finance, RCI Banque a moins de risque de connaître la même mésaventure que la captive de Peugeot, placée sous la garantie de l’Etat. Son financement est en effet plus diversifié que celui de sa consœur. Surtout, malgré une année 2012 difficile, Renault est dans une bien meilleure situation que Peugeot. Récemment, les analystes de Citigroup indiquaient que seule une nouvelle dégradation de la note du constructeur automobile pourrait provoquer une sortie de route pour RCI Banque en l’entraînant elle aussi en catégorie «junk».

Or, fin 2012, le groupe a considérablement amélioré son profil. Grâce à la cession de sa part résiduelle chez Volvo, le groupe est passé d’une dette nette estimée à 300 millions d'euros à un excédent de l'ordre du milliard. Enfin, comme le rappelle Moody's, au pire, l'Etat a montré avec Banque PSA qu'il était prêt à intervenir pour sauver l'accès au marché. Actionnaire direct de Renault, il n'hésiterait pas à voler au secours de RCI Banque.

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