Les Pays-Bas risquent d’avoir à nationaliser le bancassureur SNS Reaal

le 21/01/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Déjà aidé en 2008, le groupe ne parvient pas à se défaire de sa filiale immobilière à l'origine de ses problèmes. Il pèse un quart du PIB néerlandais

SNS Reaal cherche toujours son sauveur. Le bancassureur néerlandais, touché par de lourdes pertes sur son portefeuille immobilier et déjà secouru par l’Etat en 2008, voit s’éloigner la perspective d’une solution de place élaborée par les pouvoirs publics. Ce schéma prévoyait qu’ABN Amro, Rabobank et ING prennent une participation dans une structure chargée de délester SNS de son activité de prêts à l’immobilier commercial.

Mais les services de la concurrence de la Commission européenne s’y opposent, selon la presse néerlandaise. Eux-mêmes bénéficiaires d’aides publiques, ABN Amro et ING ne peuvent réaliser des acquisitions. Et Rabobank, la seule des grandes institutions financières néerlandaises à être sortie indemne de la crise de 2007-2008, n’entend pas assumer le fardeau seule.

SNS Reaal a reçu il y a quatre ans 750 millions d’euros d’aides de l’Etat et 500 millions de son principal actionnaire, la Fondation Beheer. Le groupe se trouve cependant dans l’incapacité de rembourser ces aides d’ici à fin 2013 tout en renforçant son capital, comme le voudrait Bruxelles. Selon des analystes financiers, il lui faut lever plus de 1,6 milliard pour parvenir à ses fins. En juillet dernier, le groupe avait évoqué la cession éventuelle de ses activités d’assurance, une annonce qui avait fait plonger son cours de Bourse.

Le bancassureur «aurait besoin d’une augmentation de capital entre 1,2 et 1,8 milliard d’euros pour soutenir son pôle property finance, l’ancienne filiale Bouwfonds d’ABN Amro», estiment de leur côté les analystes crédit de Tullett Prebon. L’Etat pourrait y souscrire. Autre option possible, selon Tullet Prebon: «Nationaliser SNS Reaal et loger les activités bancaires au sein d’ABN Amro et les activités d’assurances au sein d’ASR Verzerkeringen», un assureur local.

La taille du groupe forcera de toute façon les pouvoirs publics à trouver une solution, comme en 2008. Avec 134 milliards d’euros de total de bilan, soit presque un quart du PIB néerlandais, SNS Reaal revêt une importance systémique sur son marché domestique même s'il n'est pas très connu en-dehors de ses frontières.

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