La Société Générale prend ses profits en Egypte

le 13/12/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La vente de sa filiale à Qatar National Bank lui rapportera 350 millions d'euros de plus-value, mais la prive d'un relais de croissance

La Société Générale vend sa filiale en Egypte. Photo: PHB/Agefi

La Société Générale aura mis moins de quatre mois à conclure. Elle a annoncé hier la vente de sa participation de 77,17% dans sa filiale égyptienne, National Société Générale Bank (NSGB), à la Qatar National Bank (QNB). La transaction, qui permettra au groupe d’empocher 2 milliards de dollars (1,53 milliard d’euros), doit être bouclée avant fin juin 2013. La banque française a été conseillée par Morgan Stanley et Allen & Overy.

L’opération symbolise la nouvelle donne du secteur bancaire européen. A l’origine, la Société Générale ne souhaitait pas se défaire d’un établissement riche en liquidités (avec un ratio de crédits sur dépôts de 73%) et rentable (57 millions d’euros de résultat net au 30 juin) même si l’activité avait été affectée en 2011 par le «printemps arabe».

Le groupe a cependant reçu cet été une expression d’intérêt de QNB, et n’a pu résister à la promesse d’une belle plus-value à l’heure où tous les établissements européens sont engagés dans une course au renforcement des fonds propres et à la réduction de leur bilan, dans la perspective des normes prudentielles Bâle 3. La Société Générale dégagera une plus-value nette de 350 millions d’euros et accroîtra de 30 points de base son ratio core equity tier one sous Bâle 3, à horizon fin 2013.

Revers de la médaille, le groupe se défait de l’un de ses relais de croissance dans les pays émergents. NSGB affiche 700.000 clients et 160 agences. Dans son éphémère plan stratégique présenté en 2010, la Société Générale voulait conquérir 450.000 clients particuliers de plus à horizon 2015 et être la première banque à capitaux privés d’Afrique du Nord.

Si la Qatar National Bank considère l’Egypte comme son deuxième marché domestique, la nationalité de l’acquéreur confirme aussi une autre tendance de fond: les actifs que vendent les banques européennes sont désormais surtout la cible d’appétits moyen-orientaux ou asiatiques, seuls à même de réaliser des rachats d’envergure.

La transaction valorise en effet la totalité du capital de NSGB à 2,56 milliards de dollars, soit deux fois la valeur comptable de ses fonds propres au 30 septembre. La Société Générale, elle, se traite en Bourse à un peu plus de 0,5 fois sa book value. Qatar National Bank lancera une offre publique d’achat sur les actions de NSGB, qui est cotée, et rachètera aussi les parts que la Société Générale détient dans les filiales de la banque égyptienne.

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