Londres pourrait perdre sa mise dans les banques nationalisées

le 19/11/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

S'appuyant sur le cas Northern Rock, un rapport parlementaire met sévèrement en cause la gestion de la crise financière par le Trésor britannique

Les contribuables britanniques pourraient bien perdre définitivement les milliards injectés dans Lloyds Banking Group et RBS il y a quatre ans. «Il semble inévitable que cette nationalisation temporaire se prolonge encore quelque temps si l’extraction de valeur de cet investissement demeure l’objectif le plus important pour le gouvernement» peut-on lire dans un rapport publié en fin de semaine dernière par le Public Accounts Committee, une puissante commission chargée de superviser les dépenses du parlement.

«Les 66 milliards de livres dépensés en numéraire dans l’achat des actions de RBS et LBG pourraient ne jamais être récupérés». Jugée comme pure spéculation par un représentant du Trésor, cette sinistre conclusion vient pourtant appuyer les déclarations récentes du directeur général du UKFI, l’organisme chargé de gérer l’argent du contribuable dans RBS et Lloyds Banking Group (LBG), indiquant qu’une vente des actions de ces banques n’était pas imminente.

Le rapport parlementaire, qui se concentre plus spécifiquement sur Northern Rock, admet que la cession de cette banque n’est pas directement comparable à celle de RBS et de LBG. Néanmoins un certain nombre «de leçons peuvent en être tirées». Si la commission reconnaît une bonne gestion du processus de vente de Northern Rock au consortium formé par Virgin Money et le financier américain Wilbur Ross, elle met en cause les limites du Trésor, accusé de manquer de compétences pour comprendre la banque et d’avoir mis trop de temps à la nationaliser. Le faible nombre de candidats (deux au total) à la reprise de Northern Rock «ne nous permet pas d’espérer que le contribuable fera un profit sur la vente de RBS ou de Lloyds», estime le rapport qui chiffre provisoirement à 2 milliards de livres le coût du sauvetage de cette banque pour le contribuable.

De manière générale, le Trésor est accusé d'avoir pris «part à une faillite collective monumentale» en raison de son incapacité à «comprendre comment le boom avant la crise pouvait amener à une crise bancaire».

Afin d’éviter la répétition de ce scenario, la commission parlementaire a suggéré à l’institution de s’entourer et de retenir désormais un pool d’experts capables de comprendre et de gérer les risques.

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