La Chine compte signer le rachat emblématique d'une banque européenne

le 17/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

China Construction Bank dispose de 16 milliards d'euros pour acquérir au moins 30 à 50% du capital d'une banque britannique, française ou allemande

La Chine compte bien profiter de la crise européenne pour faire son marché dans les actifs décotés de la région. Prochain secteur visé: les banques. Dans un entretien accordé au Financial Times, le président de China Construction Bank (CCB) affiche clairement la couleur. «Certaines banques européennes ont été mises en vente. (…) Nous cherchons à présent à faire le bon choix» indique Wang Hongzhang.

Le dirigeant précise que la deuxième banque chinoise en termes d’actifs dispose de quelque 100 milliards de yuans (16 milliards d’euros) de trésorerie qu’elle compte utiliser pour faire l’acquisition complète d’une banque européenne, ou prendre ou moins une participation de 30 à 50% dans un gros établissement du vieux continent. Il s’agirait de la plus grosse opération d’acquisition jamais réalisée par une banque chinoise à l’étranger et la première pour CCB depuis celle d’une filiale d’AIG à Hong Kong en novembre 2009 pour un montant alors nettement plus limité, de seulement 70 millions de dollars.

Et CCB vise une banque d’investissement britannique, allemande ou française, qui sont selon son dirigeant les plus attractives. Ces pays «ont été moins impactés par la crise. Ces économies vont tirer l’ensemble du continent» justifie Wang Hongzhang. Les banques chinoises étaient restées jusqu’à présent très prudentes sur leurs homologues européennes, bien que l’Union européenne soit leur premier partenaire commercial. Industrial & Commercial Bank of China (ICBC), la banque chinoise la plus active ces dernières années, a concentré ses 6 milliards de dollars d’opérations d’acquisitions externes sur les régions asiatique, sud-africaine et américaine, et se contente pour l’heure d’ouvrir des agences sur le continent européen.

Les banques seraient ainsi le dernier secteur visé par la Chine en Europe. Selon l’enquête trimestrielle réalisée par le fonds A Capital qui recense les fusions et acquisitions de groupes chinois à l'étranger, l’Europe concentrait, à elle seule, 95% des opérations hors secteur des matières premières au deuxième trimestre. Soit un montant de 5 milliards de dollars qui a doublé en un an. Fait nouveau, l’acquisition de participations minoritaires représente 70% des opérations. Trois Gorges a ainsi consacré 3,5 milliards pour prendre 21,3% du capital de l'électricien portugais EDP, et Sany Heavy Industries 661 millions pour l'intégralité du capital de l’allemand Putzmeister.

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