Le nouveau patron de Barclays défend le modèle de banque universelle

le 11/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Antony Jenkins se dit convaincu qu'une activité de banque d'investissement de premier rang fera partie du groupe remanié

Aux commandes de Barclays depuis une dizaine de jours, Antony Jenkins n'a pas l'intention de bousculer la vénérable institution britannique. Bon connaisseur du groupe - qu'il a intégré en 1983 avant de rejoindre Citigroup en 1989 puis de refaire son grand retour en 2006 - le successeur de l'emblématique Bob Diamond avance à pas comptés. Lors d'une conférence bancaire organisée hier à New York, le nouveau responsable a esquissé les grandes lignes de son projet pour la quatrième banque britannique, s'engageant à agir avec «rapidité et audace».

«Je suis et resterai un partisan du modèle de banque universelle de Barclays», a-t-il assuré, excluant toute idée de scission ou d'abandon complet de lignes d'activités. Le groupe «sera plus équilibré, moins risqué et plus profitable», a-t-il ajouté. L'objectif d'un rendement des fonds propres (RoE) de 13% a été abandonné au profit d'un RoE supérieur au coût de capital, soit environ 11,5%. Alors que la banque subit les contrecoups du scandale de la manipulation des taux Libor, Antony Jenkins se dit néanmoins «absolument convaincu qu'une banque d'investissement de premier rang fera partie intégrante (de la banque)».

Pas question pour autant de rentrer dans les détails. Des décisions seront annoncées au premier trimestre 2013 après avoir passé en revue les différentes branches du groupe et les avoir soumises à des tests de «risque de réputation». «Par exemple, des éléments dans notre activité de conseil fiscal ont suscité un écho médiatique et politique négatif, de même que la vente de produits structurés à des petites et moyennes entreprises. C'est ce genre de choses que nous devons étudier avec soin durant cette étape de passage en revue», a souligné Rich Ricci, en charge de la BFI.

Ce dernier, considéré comme un proche de Bob Diamond, pourrait toutefois faire les frais de l'arrivée d'Antony Jenkins. Car, avec ce changement de culture annoncé au sein de l'établissement, il est probable que l'équipe de direction connaisse des évolutions. Le directeur financier Chris Lucas et le responsable de la gestion privée Tom Kalaris pourraient eux aussi être poussés vers la sortie.

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