Barclays donne un gage de bonne conduite

le 31/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La nomination d'Antony Jenkins, homme de la banque de détail, vise à redorer l'image du groupe

Antony Jenkins va remplacer Bob Diamond à la tête de Barclays. Photo DR.

Barclays a fait le choix d’un homme de la banque de détail et commerciale pour remplacer Bob Diamond, emporté par le scandale de la manipulation du Libor en juillet. Antony Jenkins (photo), qui prend ses fonctions immédiatement, présentera sa nouvelle feuille de route en début d’année prochaine. Attendu sur ses orientations en matière de banque d’investissement, le professionnel s’est aussi fixé comme priorité de réparer la réputation de la banque, impliquée dans des scandales à répétition tout au long de l’été.

C’est un homme du sérail que Barclays a choisi pour succéder au tonitruant Bob Diamond, après près de deux mois de vacance. Antony Jenkins était jusqu'à présent responsable de la banque de détail et commerciale du groupe et membre du comité exécutif de Barclays depuis novembre 2009.

Ce britannique de 51 ans, au style discret diamétralement opposé à celui de son prédécesseur, a effectué la quasi-totalité de sa carrière chez Barclays dans laquelle il est entré en 1983 après des études au sein de la prestigieuse université d’Oxford. Il sera aux manettes de la banque en compagnie de David Walker, qui assurera la présidence dès novembre en remplacement de Marcus Agius, également victime du scandale du Libor.

Salué par les analystes comme un candidat interne naturel, certains s'interrogent cependant sur sa capacité à superviser la banque d’investissement, un secteur dans lequel on ne lui connaît aucune expertise. La séparation entre les deux principales activités du groupe ne serait pourtant pas au programme : après avoir rappelé dans un communiqué que Barclays était une banque universelle solide, le nouveau directeur général a réitéré, au cours d’entretiens avec la presse anglo-saxonne, son engagement en faveur de la banque d’investissement : «Je suis convaincu que ma propre expérience professionnelle et mon expertise ainsi que l'équipe de dirigeants de la banque d’investissement déjà en place seront suffisants pour gérer les opérations», assure-t-il.

Le nouveau directeur général détaillera sa nouvelle stratégie au cours du premier trimestre 2013. «Sous sa direction, il est vraisemblable que la banque commerciale et de détail sera amenée à grossir», estime Peter Hahn, enseignant à la Cass Business School, alors que «la banque d’investissement croîtra probablement moins qu’elle ne l’aurait fait sous le précédent management».

Dans l’intervalle, Antony Jenkins aura pour mission de redonner ses lettres de noblesse à la banque britannique entachée par différents scandales : Barclays, qui a dû payer 290 millions de livres aux régulateurs britannique et américain pour une affaire de manipulation des taux du Libor, pourrait encore essuyer un certain nombre de class actions de la part de ses investisseurs.

La banque est également sous le coup d’enquêtes menées par l’Office britannique de lutte contre la délinquance financière (Serious Fraud Office) et la FSA concernant la manière dont certains honoraires auraient été payés à l’occasion d’accords commerciaux entre Barclays et le principal fonds d’investissement du Qatar, Qatar Holding. Cette affaire remonte à 2008, date à laquelle la banque a procédé à une levée de fonds auprès d’investisseurs orientaux à hauteur de 11,5 milliards de livres. Hier, à la Bourse de Londres, l’action Barclays a perdu 1,53%.

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