M&T frappe un grand coup dans la consolidation des banques régionales américaines

le 28/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'établissement basé dans l'Etat de New York rachète la caisse d'épargne Hudson City pour 3,7 milliards de dollars

La consolidation des banques régionales américaines prend enfin de la consistance. Alors que peu d'opérations de rapprochement se sont concrétisées depuis la crise financière, le rachat d'Hudson City Bancorp, un établissement renfloué par le gouvernement, par M&T Bank Corp (M&T) marque un événement de taille. Le montant de 3,7 milliards de dollars place cette transaction au onzième rang des fusions-acquisitions depuis 2008, devant le rachat en Californie d'UnionBanCal par Mitsubishi UFJ il y a quatre ans.

Selon les termes de l'accord, chaque actionnaire de Hudson City recevra l'équivalent de 0,08403 action M&T Bank, en titre ou en numéraire. Cela représente une prime de 9% sur le cours de clôture de la cible enregistré vendredi sur le Nasdaq. Une bonne affaire financière pour M&T Bank qui paie moins que la valeur comptable de l'actif corporel. Une belle affaire industrielle également puisque le mariage va lui apporter 135 agences, dont 97 dans le New Jersey, 25 milliards de dollars de dépôts. JPMorgan a conseillé Hudson City, tandis que M&T a reçu l'appui d'Evercore Partners.

M&T, basée à Buffalo dans l'Etat de New York, dont le total d'actifs s'élève à plus de 80 milliards de dollars, assure qu'il y a très peu de doublons entre les deux entités. Le groupe entend réduire le bilan de Hudson City, chiffré à 44 milliards de dollars, d'environ 15 milliards et de baisser de 24% les coûts opérationnels, essentiellement en supprimant des activités externalisées redondantes. 

«En tant que caisse d'épargne, Hudson City se concentre principalement sur les dépôts et les prêts immobiliers. M&T s'appuiera sur la base de clientèle fidèle de Hudson City pour créer une franchise de banque régionale complète», a estimé Robert Wilmers, directeur général de M&T. La banque poursuit ainsi sa prise de poids marquée notamment par le rachat pour 400 millions de dollars de Wilmington Trust en 2011 et antérieurement, par celui de Provident Bankshares en 2009. Hudson City, de son côté, s'offre un nouvel avenir, alors que l'établissement peinait il y a encore quelques mois à développer fructueusement son portefeuille de crédits hypothécaires.

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