La Société Générale cherche à céder son leasing en Allemagne

le 21/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Elle a mandaté Rothschild pour vendre sa filiale Pema. Les contraintes réglementaires limitent l'intérêt de cette activité pour les banques

Après avoir vendu le gérant californien TCW à Carlyle, la Société Générale poursuit son programme de cessions d’actifs. L’établissement a mandaté la banque-conseil Rothschild pour organiser la vente de sa filiale allemande de leasing (location longue durée) de poids lourds Pema, ont indiqué à L'Agefi plusieurs sources concordantes et proches du dossier. Les protagonistes n’ont fait aucun commentaire. Pema a été acquise en 2008 à travers le pôle SG Equipment Finance.

Le prix espéré par la Société Générale n’est pas connu. Fin 2007, l’entreprise de Herzberg-am-Harz (Basse Saxe) revendiquait un bénéfice net de 22 millions d’euros. Mais depuis la faillite de Lehman Brothers fin 2008, ses comptes se seraient dégradés. Selon un banquier qui s’intéresse à l’opération, son résultat avant impôt atteignait cinq millions d’euros en 2010 (pour un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros) et serait remonté à huit millions au premier semestre 2011.

L’évolution de la réglementation prudentielle est très défavorable à l’exercice, par les banques, du métier du leasing et de son financement. En effet, Bâle 3, qui entrera en vigueur à partir de 2013, pénalise les activités consistant à financer des actifs longs mais qui ne génèrent pas de dépôts. Un changement radical: jusqu’à la crise financière de 2008, les banques avaient activement participé à la concentration du secteur de la location longue durée, comme BNP Paribas autour d’Arval ou la Société Générale en agglomérant Temys, ALD Interleasing, Hertz Lease et Fordlease.

Aujourd’hui, dans la perspective de Bâle 3, la Société Générale est soucieuse de consolider ses fonds propres et de réduire ses contraintes de liquidité. Elle entend céder ses activités non stratégiques et générant peu de liquidités et de synergies avec le reste du groupe.

Les fonds de capital-investissement pourraient être des candidats de choix à la reprise de Pema, jugent les observateurs. L’une des sociétés sous LBO emblématique de la période d’euphorie financière est précisément l’un des plus gros acteurs de la location longue durée: il s’agit de Fraikin, acquis par Eurazeo en 2003 et revendu à CVC Capital Partners en 2007. Fraikin revendique un parc de 60.000 véhicules, dont 42.000 en France, 12.300 au Royaume-Uni et 3.600 en Espagne. Pema affiche pour sa part 16.500 véhicules en Europe du Nord et en Europe centrale.

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